Voilà un an que le journaliste Habib Marouane Camara, Administrateur général du site d’information Lerevelateur224.com, a été porté disparu dans des circonstances non élucidées. Enlevé le 3 décembre 2024, le journaliste n’a depuis donné aucun signe de vie, laissant sa famille et sa rédaction dans l’angoisse et l’incompréhension totale.
Douze mois plus tard, aucune avancée notable n’a été enregistrée dans l’enquête annoncée par le parquet de Dixinn. Ni la Justice, ni le Gouvernement, ni les forces de défense et de sécurité, encore moins la Haute Autorité de la Communication, n’ont fourni d’informations permettant d’éclairer l’opinion publique sur le sort réservé au journaliste connu pour ses prises de position critiques.
Selon la Direction générale du site, toutes les démarches entreprises auprès des institutions concernées sont restées sans suite. « Nous n’avons reçu aucun retour concret, ni pour sa famille biologique, ni pour sa famille professionnelle », déplore le média dans un communiqué rendu public ce mercredi.
Pendant ce temps, l’inquiétude grandit au sein de la famille Camara, notamment chez son épouse et ses enfants qui vivent depuis un an dans la peur et l’incertitude. Les nuits blanches se succèdent, rythmées par des appels anonymes de plus en plus menaçants. « Depuis quelques temps, son épouse, Mariama Lamarana Diallo, reçoit des appels incessants, souvent à des heures tardives, visant clairement à intimider et à la réduire au silence », indique la rédaction de Lerevelateur224.com.
Face à ce qu’elle qualifie de « silence inquiétant » des autorités judiciaires, la Direction générale du site lance un appel pressant au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya. « En tant que garant du bon fonctionnement de la justice, le chef de l’État doit s’impliquer personnellement afin que la vérité soit connue sur cette disparition et que Habib Marouane Camara soit retrouvé », insiste le média.
Lerevelateur224.com appelle également la communauté nationale et internationale à se mobiliser davantage. Le média sollicite l’implication des associations de presse guinéennes, du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG), ainsi que des organisations internationales telles que Reporters Sans Frontières (RSF), Amnesty International et Human Rights Watch.
Un an après, l’espoir demeure mais la patience s’effrite. La rédaction, la famille et les défenseurs de la liberté de la presse attendent toujours que justice soit rendue et que lumière soit faite sur une affaire qui continue de choquer le paysage médiatique guinéen.

