Un symposium national s’est tenu ce jeudi au Palais du Peuple à Conakry pour rendre un dernier hommage à Abdoulaye Sow, secrétaire général de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG), décédé le 3 décembre 2025. Famille, responsables syndicaux, acteurs politiques, collègues du secteur bancaire et simples citoyens ont fait le déplacement pour saluer la mémoire d’un homme considéré comme l’une des grandes figures de la lutte sociale en Guinée.
Parmi les personnalités présentes, le Premier ministre Bah Oury est revenu sur son dernier échange avec le disparu :
« C’était samedi soir. Nous évoquions encore les solutions possibles pour résoudre la crise syndicale dans le secteur de l’éducation. Jusqu’à la dernière minute, il a été engagé. Abdoulaye Sow était un compagnon, un ami avec qui j’ai grandi. Nous avons ensemble contribué à bâtir les bases du système bancaire moderne en Guinée. Aujourd’hui, c’est un baobab du syndicalisme qui s’éteint. Au nom du chef de l’État, j’adresse nos profondes condoléances à sa famille et au peuple de Guinée. »
Né en 1960 à Fria, Abdoulaye Sow a effectué tout son parcours scolaire dans cette ville avant de poursuivre à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, où il obtient un diplôme en économie mathématique en 1984. Son parcours professionnel est presque indissociable de la BICIGUI — devenue VistaGui — où il a évolué pendant plus de 25 ans, occupant successivement plusieurs fonctions : service informatique et qualité, production, marketing, communication, puis chargé des relations sociales.
Mais c’est surtout en tant que syndicaliste qu’il s’est imposé comme une référence nationale. Porte-voix des travailleurs du secteur bancaire, de l’assurance et des microfinances, Abdoulaye Sow était réputé pour sa ténacité, ses négociations franches et sa position constante en faveur du dialogue social.
Son fils aîné, Boubacar Sow, a livré un témoignage chargé d’émotion :
« Mon père nous a transmis l’honnêteté, la dignité et l’amour du prochain. Il était simple, mais grand par ses valeurs. Son amour pour notre mère était l’exemple d’une vie faite de respect et de solidarité. Il nous a appris à rester droits, à travailler et à pardonner. »
Venue représenter le président de l’UFDG, Hadja Halimatou Dalein Diallo a elle aussi salué la mémoire d’un compagnon de lutte :
« Monsieur Sow était proche de nous. Nous avons mené des combats ensemble pour la justice et la dignité. Il mérite tous les hommages prononcés aujourd’hui. C’était un homme de convictions, courageux, et qui ne craignait jamais de dire la vérité. »
Au Palais du Peuple, les discours se succèdent, mais un message revient avec insistance : Abdoulaye Sow laisse l’image d’un homme droit, constant, déterminé et profondément attaché à la justice sociale.
Son corps sera inhumé demain, après la prière de 14h.

