Le Bloc Libéral (BL) tire la sonnette d’alarme. L’un de ses vice-présidents et directeur adjoint de campagne, Massa Douago Guilavogui, a disparu depuis la nuit du mardi, après avoir reçu un mystérieux appel téléphonique convoquant un rendez-vous à Matoto. L’information a été confirmée par Oumar Sanoh, Président du parti, lors d’un entretien.
Selon son témoignage, M. Guilavogui avait informé ses collègues qu’il se rendait à un rendez-vous dont il ignorait la provenance exacte. « Je lui ai demandé s’il connaissait la personne », raconte M. Sano. « Il m’a simplement dit que l’appel venait d’un certain “Monsieur Jean”, une voix qu’il ne reconnaissait pas. »
Accompagné d’un motard, le cadre du BL s’est rendu sur les lieux aux environs de 20h. Il aurait ensuite quitté son accompagnateur pour rejoindre son mystérieux interlocuteur. Après deux heures sans nouvelles, son compagnon a tenté plusieurs appels restés sans réponse. Plus tard, un individu inconnu aurait décroché le téléphone de la victime, affirmant qu’il l’avait perdu — une version jugée peu crédible par le parti.
Depuis cet instant, le téléphone de l’intéressé reste injoignable. Face à cette disparition jugée « inquiétante », le Bloc Libéral a publié une déclaration officielle et alerté ses équipes juridiques.
« C’est un enlèvement », accuse le Bloc Libéral
Pour Oumar Sanoh, il ne fait aucun doute que son collègue a été victime d’un rapt :
« C’est purement un enlèvement et nous exigeons sa libération immédiate et sans condition. On ne peut pas vivre dans un pays où des citoyens disparaissent la nuit sans explication. » Le responsable du BL dit craindre que cet acte vise à intimider leur formation politique en pleine période électorale.
« Si ces manœuvres sont orchestrées pour nous faire reculer, cela n’arrivera pas. Nous irons jusqu’au bout. »
Le parti envisage une plainte si aucune avancée n’est constatée
Pour l’heure, le Bloc Libéral dit avoir confié l’affaire à ses conseillers juridiques. Leur première recommandation a été de rendre publique la disparition avant d’engager des démarches judiciaires.
En l’absence d’évolution dans les prochaines heures, une plainte officielle pourrait être déposée auprès des autorités compétentes.
Appel à la justice et aux forces de sécurité
Le parti estime que la justice doit « prendre ses responsabilités » et communiquer clairement sur les cas de disparition devenus, selon lui, fréquents ces derniers mois.
« Lorsqu’un citoyen disparaît, il doit y avoir enquête, communication et résultats », insiste M. Sanoh, regrettant un silence officiel qu’il juge inquiétant.
Il appelle le procureur général, la police et la gendarmerie à agir rapidement pour retrouver leur camarade.
Un contexte politique tendu
Cette disparition survient en pleine campagne électorale, dans un climat déjà marqué par des dénonciations d’intimidations, d’arrestations et d’actes suspectés d’être politiquement motivés.
Le Bloc Libéral dit craindre une escalade si rien n’est fait.
M. Sanoh conclut en demandant aux autorités compétentes de garantir la sécurité de tous les acteurs politiques :
« Nous voulons une Guinée où les libertés sont garanties, où personne ne disparaît parce qu’il pense différemment. »

