Le Collectif pour la Préservation des Acquis de l’Enseignement Technique (COPAE-T) a dénoncé ce lundi une série de décisions administratives qu’il juge « incompréhensibles et préjudiciables » au secteur. L’arrêté ministériel nommant de nouveaux responsables dans plusieurs établissements techniques à travers le pays serait, selon le collectif, à l’origine d’un dysfonctionnement généralisé.
« L’enseignement technique ne doit pas être sacrifié »
Saa Joseph Kamano, conseiller pédagogique en approche par des compétences (APC) et porte-parole du COPAE-T a rappelé l’importance stratégique du secteur pour l’économie guinéenne.
« L’enseignement technique est la base du développement d’un pays. Il a été construit par nos anciens avec sacrifice et vision. Nous ne permettrons à personne de réduire leurs efforts à néant », a-t-il déclaré.
Des mutations jugées inadaptées
Au cœur de la contestation : l’affectation de cadres à des postes considérés comme non adaptés à leur profil.
« Des enseignants spécialisés ont été mutés vers des structures administratives. Pendant ce temps, certains responsables nommés dans les écoles ne sont pas issus du secteur technique. C’est inadmissible », déplore un représentant du collectif.
Le COPAE-T estime que ces décisions perturbent la chaîne pédagogique et fragilisent la qualité de la formation.
Des écoles qui se vident
Le collectif affirme que les conséquences sont déjà visibles sur le terrain, notamment une baisse de fréquentation dans certaines écoles techniques.
« Nos établissements se vident. Si le système s’effondre, c’est le chômage massif assuré. Un jeune formé à un métier peut s’en sortir, mais sans qualification, il n’a rien », prévient Saa Joseph Kamano.
Demande d’annulation de l’arrêté
Dans une correspondance datée du 7 décembre 2025 et adressée au secrétariat général du ministère, le COPAE-T demande officiellement l’annulation de l’arrêté A/2025/1241/METFPE/CAB/SGG.
Selon le document, la décision serait entachée « d’incohérences juridiques » et prise en violation des textes encadrant la nomination des cadres dans l’enseignement technique.
Le collectif réclame également le départ du conseiller principal du ministre, qu’il accuse d’être « l’instigateur de ces choix contestables », lui accordant un délai de 48 heures.
Le ministère assume ses choix
Joint par notre rédaction, un cadre du ministère rappelle que les décisions prises relèvent des prérogatives de l’autorité ministérielle. « Le ministre a pleinement le droit de nommer les cadres au sein du département, conformément aux lois et textes en vigueur », explique-t-il, précisant que les mutations visent à améliorer la gestion du système.

