La grève déclenchée par l’inter-centrale syndicale FSPE et SNE continue de perturber le fonctionnement des écoles à travers le pays. Une semaine après le début du mouvement, la situation reste tendue. Ce lundi encore, plusieurs établissements scolaires de la capitale ont été le théâtre de manifestations d’élèves dénonçant l’absence de leurs enseignants dans les salles de classe.
Selon le secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation, ces sorties d’élèves traduisent une prise de conscience collective, notamment chez ceux qui doivent affronter les prochains examens nationaux.
Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE : « Certains chefs d’établissement se livraient à un jeu de dupes qui consistait à garder les élèves enfermés dans les classes jusqu’à midi avant de les libérer. Mais aujourd’hui, ces élèves ont compris la situation. Certains ont même escaladé les murs pour sortir et aller déloger des élèves dans des écoles privées. »
Pour le syndicaliste, cette mobilisation n’est pas encore une victoire, mais une étape importante dans le bras de fer engagé avec le gouvernement. « Nous pouvons parler d’une avancée, parce qu’un tabou vient de tomber. Le gouvernement pensait que seul le SLECG d’Aboubacar Soumah pouvait paralyser les cours. Après le protocole d’accord signé entre Aboubacar Soumah et Kadiatou Bah, ils croyaient que les enseignants reprendraient les cours. Mais la réalité prouve le contraire. »
Face à l’impasse, Michel Pépé Balamou appelle les autorités à privilégier la voie du dialogue. « Nous attendons désormais l’ouverture de négociations. La semaine dernière, aucune rencontre n’a eu lieu. Au contraire, nous avons reçu des menaces et des intimidations venant du département, notamment de la directrice des ressources humaines, qui a instruit les inspections régionales de remonter la liste des enseignants absents. »
L’inter-centrale syndicale exige non seulement le paiement des primes d’incitation et de fonction, mais aussi la signature du statut particulier du personnel enseignant. En attendant une issue, le mot d’ordre de grève générale, lancé depuis le 1er décembre, continue de paralyser une grande partie des établissements scolaires du pays.

