Le chef de la diplomatie de la Guinée a clarifié ce jeudi la position officielle du gouvernement concernant l’accord migratoire signé en 2018 avec l’Allemagne. Lors d’une conférence de presse tenue dans la salle de réunion de son département, Morissanda Kouyaté a catégoriquement rejeté les rumeurs selon lesquelles Conakry aurait bénéficié d’un soutien financier allemand pour accueillir et réinsérer ses ressortissants rapatriés.
Interrogé sur ces allégations, le ministre a affirmé que son pays n’a jamais conditionné le retour de ses citoyens à une quelconque compensation. « Les personnes concernées sont des Guinéens, pas des Allemands. Nous ne conditionnons pas le retour de nos compatriotes à l’argent », a-t-il insisté, dénonçant ce qu’il considère comme des accusations infondées.
Selon lui, la présence de l’ambassadeur d’Allemagne à la conférence visait justement à lever toute ambiguïté. Il a martelé que la Guinée n’a « rien demandé et rien reçu » dans le cadre de cet accord, soulignant que les migrants concernés restent avant tout des citoyens guinéens dont le retour relève d’un devoir national.
Le ministre a également tenu à valoriser le potentiel des migrants africains, estimant que nombre d’entre eux possèdent des compétences importantes — scientifiques, artisans ou sportifs — qui pourraient contribuer au développement du pays s’ils restaient. Il a cité, à titre d’exemple, un incident survenu en France où, selon lui, un Africain aurait été le seul à intervenir pour sauver des personnes lors d’un incendie, pour illustrer la valeur humaine et professionnelle de ces migrants.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de débats récurrents sur les accords migratoires entre pays africains et européens, souvent critiqués par l’opinion publique qui soupçonne l’existence de compensations financières cachées. Le gouvernement guinéen affirme, pour sa part, que sa politique reste fondée sur la souveraineté nationale et la protection de ses citoyens.

