Acteur politique bien connu, Mohamed Lamine Kaba revient sur son parcours électoral, ses ambitions pour les prochaines échéances et sa lecture critique du projet de création du parti GMD – Bâtir Ensemble, soutenu par le Premier ministre.
Il rappelle d’abord que son parti a déjà participé aux élections communales, au cours desquelles il a été élu vice-maire de la commune urbaine de Faranah sous la bannière de sa formation politique. Il a également siégé à l’Assemblée nationale en tant que député, toujours au compte du même parti.
Lors de la dernière élection présidentielle, Mohamed Lamine Kaba a été candidat. « Nous avons payé intégralement la caution de 900 millions de francs guinéens. Cela prouve que nous avions la volonté et les moyens d’aller à ces élections », souligne-t-il. Malgré cela, sa candidature a été recalée. Un épisode qu’il dit avoir assumé sans amertume.
« Je ne me suis pas mis dans la peau d’un frustré. Je me suis plutôt inscrit dans la dynamique de la GMD pour l’accompagner. »
Il affirme ainsi avoir participé activement à la campagne, sillonnant l’intérieur du pays, notamment la région administrative de Faranah, pour former des équipes de mobilisation, et prenant part à des actions de terrain avec ses alliés.
Ambition électorale affirmée
À l’approche des prochaines élections législatives et communales, Mohamed Lamine Kaba se veut clair : son objectif ne se limite pas à une présence individuelle au Parlement.
« Notre défi, ce n’est pas que je sois seul à l’Assemblée. Notre ambition est d’y avoir un groupe parlementaire qui parlera au nom du Parti Fidel. »
GMD – Bâtir Ensemble : ni parti unique, ni cadre formel
Interrogé sur l’initiative visant à regrouper les forces ayant soutenu la GMD au sein d’un nouveau parti politique, Mohamed Lamine Kaba récuse l’idée d’un parti unique.
Selon lui, l’appel n’a concerné que certaines formations ayant accompagné la GMD, tandis que de nombreux partis politiques, pourtant légalement reconnus, n’ont pas été sollicités. « Je ne peux donc pas parler de parti unique », tranche-t-il.
Il pointe toutefois plusieurs insuffisances majeures. Lors d’une rencontre tenue à la Bluezone avec le Premier ministre, une charte de la GMD avait été promise aux partis politiques afin de leur permettre d’analyser les modalités d’adhésion. « Cette charte n’a jamais été transmise », regrette-t-il.
Autre grief : les listes établies dans les préfectures et communes pour la préparation des congrès constitutifs ne mentionnent ni les partis alliés ni leurs représentants. « De façon formelle et officielle, nous ne sommes pas encore invités, même si le discours public laisse penser le contraire », insiste-t-il.
« On ne fusionne pas avec une structure qui n’existe pas »
Pour Mohamed Lamine Kaba, le fond du problème est juridique et politique. Les partis légalement constitués, disposant d’agréments validés par le ministère de l’Administration du territoire, ne peuvent pas se dissoudre ou fusionner dans une structure qui n’a ni statuts, ni règlement intérieur, ni existence légale.
« Un parti politique constitué ne peut pas adhérer à une structure qui n’a ni contenu ni contenant. Cela n’a pas de sens. »
Il conclut en affirmant que le Parti Fidel reste ouvert au dialogue, mais uniquement lorsque la GMD sera formellement structurée et que des documents officiels permettront une décision éclairée.
« Le jour où nous serons officiellement saisis, nous analyserons les textes et consulterons nos militants. Pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour. »

