À Kankan, des femmes venues de la localité de Töron-Banankö, relevant de la sous-préfecture de Sabadou-Baranama, ont organisé, dans la matinée de ce mercredi 11 mars, aux environs de 11 heures, une manifestation spontanée devant le bloc administratif de la préfecture. Vêtues à moitié nues — un geste symbolique de protestation dans certaines traditions —, elles entendaient dénoncer les conséquences de la présence massive de zébus et de la transhumance dans leur zone.
Selon les manifestantes, les troupeaux en déplacement causent régulièrement d’importants dégâts dans leurs champs. Elles affirment que les cultures sont fréquemment détruites, mettant ainsi en difficulté de nombreuses familles dont la subsistance dépend essentiellement de l’agriculture.

Elles évoquent également un climat d’insécurité croissant, estimant que l’accès à leur village devient de plus en plus préoccupant en raison du nombre élevé de zébus, certains étant parfois agressifs envers les passants.
Les protestataires accusent par ailleurs le sous-préfet de Sabadou-Baranama de complicité avec des bouviers maliens. Elles dénoncent également l’arrestation de plusieurs de leurs proches, actuellement détenus dans le cadre de ce conflit lié aux activités de transhumance.

À travers cette mobilisation, ces femmes sollicitent l’implication des autorités préfectorales de Kankan afin de trouver une solution durable à cette situation récurrente, qui continue d’alimenter les tensions entre communautés dans la localité.
Kokoly Joseph Kolié, correspondant régional à Kankan.

