u surlendemain du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, la Mission d’observation électorale de la CEDEAO, dirigée par l’ancien président ghanéen Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a rendu sa déclaration préliminaire. Si l’organisation régionale se félicite du calme global, elle pointe toutefois des irrégularités localisées ainsi qu’une offre politique qui a peiné à mobiliser les électeurs.
Un vent de renouveau constitutionnel
Cette élection marque un tournant historique pour le Bénin. En application de la révision constitutionnelle de décembre 2025, le pays a inauguré le système de « ticket » Président–Vice-président pour un mandat de sept ans. Le scrutin s’est également tenu sans le président sortant, Patrice Talon, qui a respecté la limite constitutionnelle de deux mandats.
Une campagne sans passion
Le constat des observateurs est sans appel : la ferveur habituelle des élections béninoises n’était pas au rendez-vous. La mission a relevé une « faible mobilisation des populations » et une visibilité très inégale entre les deux duos en lice.
Le ticket de la mouvance, composé de Wadagni et Talata, a largement dominé l’espace public, face au duo de l’opposition, Hounkpè et Hounwanou, resté très peu visible.
Cette configuration inédite, limitée à seulement deux choix, a été perçue par une partie de l’électorat comme « peu compétitive », ce qui a pesé sur le taux de participation.
Le jour du vote : entre discipline et accrocs logistiques
Le 12 avril, sur les 17 462 postes de vote ouverts à travers le pays et dans la diaspora, la majorité des opérations a débuté à l’heure. Cependant, la CEDEAO a relevé plusieurs dysfonctionnements notables :
- Ouvertures hors délais : dans certaines localités de l’Ouémé, des bureaux ont ouvert dès 5h00, bien avant l’heure légale.
- Incidents isolés : des cas de bourrage d’urnes, de tentatives d’achat de conscience et d’intimidations d’agents électoraux ont été signalés.
- Bulletins nuls : un nombre relativement élevé de bulletins nuls a été constaté lors du dépouillement.
Un contexte sécuritaire sous surveillance
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte sécuritaire sensible, marqué par la menace terroriste dans le nord du pays. Les départements de l’Atakora, de l’Alibori et du Borgou ont fait l’objet d’une vigilance particulière en raison de la proximité de groupes armés affiliés à des mouvements extrémistes.
Grâce à l’opération « Mirador », aucun incident majeur n’a toutefois été enregistré.
Vers un dialogue national renforcé
En conclusion, la CEDEAO recommande aux autorités béninoises de renforcer la formation des agents électoraux et de clarifier les délais de proclamation des résultats afin d’améliorer la transparence.
Fait notable pour la stabilité politique du pays : la mission a félicité le candidat de l’opposition, Paul Hounkpè, pour avoir accepté les résultats et salué la victoire de son adversaire avant même leur proclamation officielle. Un geste qui, selon elle, témoigne du sens de responsabilité de la classe politique béninoise.

