Des tirs ont été entendus jeudi matin aux abords de l’aéroport international de Niamey, la capitale du Niger, selon plusieurs habitants contactés par téléphone.
D’après des témoignages recueillis sur place, les échanges de tirs auraient débuté vers 6 heures du matin et se poursuivaient encore deux heures plus tard, suscitant des inquiétudes quant à une possible nouvelle attaque jihadiste.
Des riverains affirment que les détonations provenaient de la principale entrée de l’aéroport, précisément au niveau d’un poste de contrôle et de fouille. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont également fait état de l’utilisation d’armes lourdes et du déploiement d’un important dispositif sécuritaire autour de la zone, rapidement bouclée par les forces de défense et de sécurité.
Cette alerte intervient plusieurs mois après l’attaque d’envergure menée fin janvier contre l’aéroport de Niamey et la base militaire voisine. Cette opération, revendiquée par le groupe État islamique, avait duré plusieurs heures, faisant plusieurs blessés et causant d’importants dégâts matériels.
À la suite de cette attaque, les autorités nigériennes avaient reconnu certaines failles dans le dispositif de sécurité et indiqué que les assaillants cherchaient à détruire les capacités aériennes de l’armée. Depuis, la sécurité du site a été considérablement renforcée, notamment par l’extension des clôtures, l’installation de centaines de caméras de surveillance et la démolition de quartiers considérés comme sensibles aux abords de l’aéroport.
Dirigé par une junte militaire depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, le Niger demeure confronté à une insécurité persistante liée aux groupes jihadistes opérant dans la région du Sahel. Malgré les opérations militaires engagées et la diversification des partenariats sécuritaires, les attaques continuent, notamment de la part de l’organisation État islamique et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), également actif au Mali et au Burkina Faso.
Sur le plan diplomatique, les autorités nigériennes ont rompu leur coopération militaire avec la France, qu’elles accusent de collusion avec des groupes armés, une accusation rejetée par Paris. Le régime militaire a depuis renforcé ses relations avec de nouveaux partenaires, notamment la Russie, la Turquie et l’Iran.

