Au Sénégal, c’est le statu quo. Ni Bassirou Diomaye Faye ni Ousmane Sonko ne se sont encore exprimés sur la crise qui secoue leur parti et leur coalition. La plateforme « Diomaye Président », celle-là même qui a porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir, traverse une zone de turbulences.
Pour l’heure, on sait seulement que plusieurs personnalités, animées de bonnes intentions, se sont engagées dans une médiation pour tenter de rapprocher les deux hommes. Mais aucune information concrète n’a filtré, en dehors de quelques spéculations et des déclarations de responsables de PASTEF, qui assurent que les discussions avancent dans le bon sens. Une version pourtant contestée par plusieurs articles de presse parus lundi matin. Le quotidien privé Source A, par exemple, évoque « l’agrandissement du fossé » entre Bassirou et Sonko.
Autant dire que la médiation s’annonce difficile. Elle mobilise des acteurs variés : membres de la société civile, marabouts, mais aussi — dit-on — des proches issus des familles des deux leaders, qui semblent ne plus parler le même langage. À l’origine de cette crise se trouve la volonté du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, de réorganiser la coalition présidentielle qui l’a porté au pouvoir. Une initiative qui a déclenché l’escalade actuelle entre deux hommes longtemps présentés comme indissociables.
On se souvient qu’après sa condamnation, Ousmane Sonko avait choisi Bassirou Diomaye Faye comme candidat, popularisant le slogan « Sonko moy Diomaye » — « Sonko, c’est Diomaye ». Un slogan aujourd’hui mis à rude épreuve par la crise au sommet de l’État. Au sein du parti, notamment dans son aile dure, certains exigent le respect de la hiérarchie interne et contestent désormais la légitimité du président Faye à piloter cette réorganisation. Son choix, après son élection, de démissionner de toutes les instances du parti pour, disait-il, « se placer au-dessus de la mêlée », est désormais critiqué.
Reste à voir comment la situation évoluera dans les prochaines heures ou les prochains jours. Pour l’instant, rien n’a véritablement bougé.

