Le président français Emmanuel Macron, aux côtés du président kényan William Ruto à la State House de Nairobi, au Kenya, le dimanche 10 mai 2026.
Au sommet Africa Forward à Nairobi, le président français Emmanuel Macron a défendu la stratégie européenne en Afrique face à la Chine, qu’il accuse d’adopter une « logique prédatrice » dans l’exploitation des minerais critiques et des terres rares du continent.
Pour le chef de l’État français, l’Europe se distingue par son attachement au respect de l’ordre international, à un multilatéralisme efficace, à l’État de droit ainsi qu’à un commerce libre et ouvert. À l’inverse, il estime que les États-Unis et la Chine sont engagés dans un bras de fer commercial mené « sans aucun respect des règles ».
Il a également déclaré que l’ère coloniale n’était pas la seule responsable des difficultés que connaît encore l’Afrique. « Nous ne devons pas exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances », a-t-il ajouté, appelant les dirigeants africains à améliorer la gouvernance.
Alors que les anciennes puissances coloniales européennes comme la France et le Royaume-Uni restent la cible de critiques sur le continent, Emmanuel Macron a soutenu qu’elles n’étaient pas « les prédateurs de ce siècle ».
Cette sortie intervient dans un contexte de repositionnement diplomatique de la France en Afrique. Après plusieurs revers et un recul de son influence dans plusieurs pays d’Afrique francophone, Paris cherche désormais à renforcer sa présence au-delà de ses zones d’influence traditionnelles.
La tenue de ce premier sommet Africa Forward en terre anglophone apparaît, selon plusieurs observateurs, comme une opportunité pour la France de redorer son image et de nouer de nouvelles alliances stratégiques, à l’heure où son rôle en Afrique est de plus en plus contesté.

