Le chef de la diplomatie de la Guinée a clarifié, ce jeudi, la position officielle du gouvernement concernant l’accord migratoire signé en 2018 avec l’Allemagne. Lors d’une conférence de presse tenue dans la salle de conférence de son département, le ministre a indiqué que le texte ne sera pas suspendu pour l’instant, mais fera l’objet d’une enquête conjointe suivie d’une révision.
Selon lui, la priorité immédiate consiste à examiner les conditions de retour des ressortissants guinéens expulsés. « Nous devons savoir dans quelles conditions nos compatriotes sont rentrés et si tous leurs droits ont été respectés », a déclaré Dr Morissanda Kouyaté, annonçant la création d’une commission d’enquête bilatérale composée de représentants guinéens et allemands.
Une révision plutôt qu’une suspension
Le ministre a tenu à rassurer la communauté internationale : il ne s’agit pas d’une rupture diplomatique. La Guinée, a-t-il insisté, « n’est pas un pays rebelle » et respecte les droits des autres États comme elle exige le respect de ceux de ses citoyens.
Il a expliqué que l’accord migratoire sera réexaminé en profondeur, notamment les dispositions jugées défavorables. « Nous allons nous asseoir pour réviser tout cela. Les parties qui ne nous conviennent pas seront retirées », a-t-il affirmé, soulignant que toute renégociation devra se faire dans l’intérêt des deux peuples.
Un message d’équilibre diplomatique
Dans son intervention, le patron de la diplomatie guinéenne a insisté sur la nécessité d’éviter les tensions et les discours extrêmes. Pour lui, la relation entre la Guinée et ses partenaires européens repose sur un principe d’intérêt mutuel. Il a rappelé que plusieurs projets de développement en Guinée bénéficient du soutien européen, tout comme des investissements étrangers, notamment autour du projet minier de Simandou.
Morissanda Kouyatéa ainsi plaidé pour une approche pragmatique fondée sur le dialogue : « Au lieu de nous invectiver, nous allons nous asseoir autour d’une table dans l’intérêt strict des citoyens européens et guinéens. »

