Le président du parti Fidel, Mohamed Lamine Kaba, a réagi à la décision du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation imposant aux formations politiques un délai pour se conformer à la loi organique du 21 novembre 2025. Il estime que les conditions d’application posent plusieurs difficultés, notamment l’absence de communication officielle du texte légal et la brièveté du temps restant.
Selon lui, l’initiative de réorganiser le paysage politique n’est pas en soi contestée. Il rappelle qu’une évaluation des partis avait déjà été menée il y a deux ans, faisant passer leur nombre d’environ 300 à 125 aujourd’hui. « Il était normal que nous soyons conformes à cette loi », a-t-il reconnu, tout en soulignant que les acteurs politiques devraient d’abord disposer du document officiel avant toute mise en application.
Un texte encore introuvable pour certains partis
Le responsable politique affirme que plusieurs formations n’ont pas encore reçu copie de la loi. « On nous demande d’être conformes à une loi qu’on ne connaît pas, qu’on n’a pas encore vue », a-t-il déploré, estimant qu’une transmission officielle aurait dû accompagner l’annonce ministérielle. Il compare cette situation à celle du projet de Constitution, qui avait été distribué aux acteurs politiques pour examen.
Il relève également que le délai de six mois prévu par la loi aurait commencé à courir depuis novembre, sans que les partis n’en soient informés à temps. Résultat : selon lui, il ne resterait désormais qu’environ trois mois pour remplir toutes les obligations, ce qu’il qualifie de « handicap sérieux ».
Des exigences jugées lourdes
Parmi les conditions évoquées figurent l’organisation de congrès à tous les niveaux de la structure partisane ainsi que l’obligation d’avoir des sièges dans chacune des 33 préfectures du pays. Mohamed Lamine Kaba estime que ces exigences nécessitent des moyens financiers et logistiques importants, difficiles à réunir dans un délai aussi court, rappelant qu’un parti politique « n’est pas une entreprise ».
Il s’interroge par ailleurs sur l’origine exacte de certaines obligations : relèvent-elles directement de la loi ou d’une décision administrative du ministre Ibrahima Kalil Condé ? Pour lui, seule la lecture officielle du texte permettra de trancher.
Pas d’accusation directe contre le gouvernement
Malgré les critiques, le président du parti Fidel se garde pour l’instant de parler de manœuvre politique visant à réduire l’espace partisan. « Je ne voudrais pas dire que c’est un stratagème pour faire taire les partis politiques », a-t-il déclaré, préférant évoquer d’éventuelles lacunes administratives susceptibles d’être corrigées.
Il dit vouloir rester « positif et objectif » tout en appelant les autorités à tenir compte des contraintes pratiques des partis. Selon lui, si les réalités du terrain ne sont pas prises en considération, les soupçons pourraient alors se renforcer au sein de l’opinion.
En attente d’éclaircissements
Pour Mohamed Lamine Kaba, la priorité est désormais la clarification officielle du contenu de la loi et l’éventuelle réévaluation du calendrier. Il estime qu’une meilleure communication institutionnelle permettrait d’éviter les incompréhensions et de faciliter la mise en conformité des formations politiques.
En attendant, plusieurs partis suivent de près l’évolution du dossier, alors que l’échéance légale approche et que l’enjeu reste majeur : la conservation de leur statut juridique.

