Amadou Thierno Diallo expert en développement et ex ministre de la coopération et de l’intégration africaine a animé une conférence ce jeudi 4 avril à la maison commune des journalistes. Une rencontre qui portait sur la « Crise énergétique sur la Guinée »
Dans son intervention, l’ex ministre de la coopération a mis un accent particulier sur le problème de manque de courant en Guinée et a apporté des propositions de solutions pour mettre fin à ce problème d’électricité.
« 30 ans de retard dans un investissement a besoin d’un gros programme d’investissement pour pouvoir le rattraper. Si on peut le rattraper. Nous avons une vétusté des installations et des infrastructures, je parle des réseaux de distribution parce que même si on produit de l’électricité, on injecte dans le réseau il y a des moments où ça n’arrive pas aux consommateurs parce qu’un câble a pété et un transformateur a sauté, les charges sont énormes, donc il y aura un délestage. Les infrastructures sont anciennes et elles ont besoin d’être réhabilitées. Dans les rapports d’EDG, vous allez voir le coût de revient est trois fois supérieur aux coûts de vente et 80 % de la clientèle d’EDG est facturée au forfait. L’Énergie est très importante dans le processus de développement d’un pays. Une proposition de solutions, c’est de dire qu’il faut privatiser et comment le faire ? Il faut d’abord séparer les fonctions. Nous avons 3 fonctions : production, transport et distribution donc il faut séparer les fonctions en différentes parties. La Guinée a environ 6 mille MWT de potentielle hydroélectricité et ce potentiel n’est pas exploité c’est un potentiel qu’on ne pourrait pas exploiter parce qu’aujourd’hui le solaire avance à grand pas, on est capable de produire 1 kilowatt heures du salaire. Nous avons un potentiel hydroélectrique aujourd’hui, qu’il faut ouvrir aux secteurs privés pour qu’on puisse développer ces centrales, produire de l’électricité pour permettre à la population l’accès à une fourniture adéquate. Ne plus accepter d’avoir des contrats de gré à gré, mais d’ouvrir le secteur aux producteurs indépendants. Il y a des entreprises aujourd’hui qui veulent faire une ligne entre Souapiti et les centres de consommation au niveau des zones minière. C’est à encourager. EDG a montré ses limites et aujourd’hui, il faudrait privatiser, ramener la compétence, parce qu’on a des pertes énormes, c’est entre 40 et 50 % facturés. Il faut ramener les compétences sur le terrain qui vont nous aider à gérer la distribution pour fournir de l’électricité. Ça nous permet d’établir la vérité des prix, il faut établir quel est la partie déficitaire qui doit être subventionnée, et déterminer la subvention. »
Amadou Thierno Diallo a précisé que la société EDG est subventionnée chaque année à coup de milliards par l’état guinéen.
Fatoumata Camara

