Un profond malaise secoue l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), suite à la décision controversée de remplacer Elhadj Mamadou Saïdou Diallo à la présidence du Comité national des Sages du parti. Deux versions s’opposent désormais autour de cette mesure, révélant des tensions internes croissantes à la veille d’un congrès attendu depuis cinq ans.
Dans une déclaration solennelle, Elhadj Mamadou Saïdou Diallo dénonce la décision n°034/UFDG/CAB/2025 comme « unilatérale, irrégulière et injustifiée ». Selon lui, cette substitution a été opérée sans concertation, sans notification préalable, et sous un prétexte médical infondé. « Je n’ai jamais été informé d’une telle décision, encore moins consulté », déplore-t-il, rappelant que les statuts du parti exigent qu’un président du Comité des Sages soit remplacé uniquement par un Congrès des Sages, conformément à l’article 14-6-6.
De son côté, la direction du parti, par la voix de Souleymane Souza Konaté, coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG, apporte une toute autre version des faits. Elle affirme que Elhadj Mamadou Saïdou Diallo n’a jamais été élu à ce poste, qu’il assurait seulement à titre intérimaire depuis le décès de son prédécesseur en 2021. De plus, son absence prolongée des instances du parti pour raisons de santé — sans participation à aucune réunion — justifierait cette décision. Le communiqué évoque une unique apparition récente de Elhadj Mamadou Saïdou Diallo au siège du parti, utilisant un déambulateur, comme preuve de son indisponibilité.
Au-delà du désaccord sur la forme et le fond de la décision, cette affaire révèle un malaise plus profond au sein de l’UFDG. Elhadj Saïdou Diallo y voit le symptôme d’une volonté de verrouillage du débat interne et de marginalisation des voix indépendantes. Il affirme rester fidèle au parti, refusant de céder à l’amertume : « Je ne quitte pas ce parti. Le combat continue, pour moi, pour vous, pour nous tous. »
Alors que l’UFDG s’apprête à tenir un congrès crucial pour son avenir, cette polémique vient rappeler les fragilités internes et les défis à relever pour préserver l’unité et la cohésion d’un parti qui a longtemps incarné l’espoir d’une alternance démocratique en Guinée.

