Conakry, 13 juin 2025 – En ce 13 juin, la Guinée se joint à la communauté internationale pour célébrer la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme. Une occasion de mettre en lumière une réalité souvent ignorée : celle des personnes atteintes d’albinisme, dont la vie est marquée par la stigmatisation, les discriminations, et parfois même la violence.
À Conakry comme dans d’autres grandes villes du pays, des événements publics ont été organisés pour faire entendre la voix de cette minorité encore trop souvent marginalisée. Conférences, témoignages, expositions artistiques et marches pacifiques ont rythmé cette journée, sous le regard attentif d’associations de défense des droits humains et de représentants gouvernementaux.
L’albinisme est une condition génétique rare qui se traduit par une absence partielle ou totale de pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux. Mais au-delà de son aspect biologique, c’est surtout un lourd fardeau social pour ceux qui en sont atteints.
En Guinée, comme dans plusieurs pays africains, les personnes albinos font face à de nombreux défis : rejet social, difficultés d’accès à l’éducation, à l’emploi, mais aussi à des soins médicaux adaptés, notamment en ophtalmologie et en dermatologie.
Témoignages poignants
« J’ai été exclue de l’école à cause de ma peau. On me traitait de sorcière », raconte Mariama Diallo, Aujourd’hui, elle plaide pour une meilleure protection juridique et un accès équitable aux services de base pour les personnes albinos.
Son témoignage fait écho à celui de nombreux autres, qui voient dans cette journée une opportunité pour briser le silence et revendiquer leur droit à la dignité.
Le gouvernement guinéen, présent à travers le ministère de l’Action sociale, a salué l’engagement de la société civile. Des promesses ont été faites pour renforcer les campagnes de sensibilisation dans les écoles et pour faciliter l’accès des personnes albinos aux soins solaires subventionnés.
Mais pour les activistes, ces gestes symboliques doivent s’accompagner de réformes concrètes. « Il faut des actions durables, pas seulement une journée par an », insiste un responsable d’ONG
Cette journée internationale est aussi un appel à combattre les superstitions encore vivaces dans certaines communautés. Car au-delà du manque d’information, c’est bien l’ignorance et la peur qui alimentent l’exclusion.
En mettant en lumière les réalités vécues par les personnes atteintes d’albinisme, la Guinée, à sa manière, contribue à faire reculer les préjugés. Car reconnaître l’humanité de chacun, quelle que soit sa couleur de peau, est un combat quotidien.
Laleman Guinée

