La Guinée franchit une étape majeure dans sa transition politique. Ce jeudi, le Conseil National de la Transition (CNT) a officiellement remis au Président de la République le projet de la nouvelle Constitution. La cérémonie s’est déroulée au Palais Mohamed V, en présence des autorités nationales et de plusieurs représentants de la communauté internationale, témoignant de l’importance historique de ce moment pour le pays.
Fruit de plusieurs mois de consultations et de délibérations, le texte constitutionnel comprend 205 articles répartis sur 47 pages. Selon le président du CNT, Dr Dansa Kourouma, cette nouvelle loi fondamentale se veut « un texte d’unité nationale », façonné pour refléter les aspirations profondes du peuple guinéen et poser les bases d’un avenir commun et apaisé.
La remise du projet ouvre la voie à l’organisation du référendum constitutionnel, prévu pour le 21 septembre prochain. Une échéance attendue de longue date par une population désireuse de retrouver une vie institutionnelle stable, après plusieurs années de transition. Cette nouvelle Constitution marque ainsi une avancée significative vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée.
Parmi les principales nouveautés du texte, on note la création d’un Sénat, chambre haute du Parlement, ainsi que le changement de nom de l’organe de régulation des médias, symbolisant une volonté de modernisation des institutions. Ces réformes visent à renforcer les mécanismes démocratiques et la séparation des pouvoirs.
Cependant, tout le processus n’a pas fait l’unanimité. Plusieurs grandes formations politiques ont exprimé leur mécontentement de ne pas avoir été associées à la rédaction du document. Malgré des consultations organisées à travers le pays, certaines voix dénoncent un manque d’inclusivité, ce qui pourrait peser sur la légitimité du futur texte aux yeux de tous les acteurs politiques.
Malgré ces critiques, de nombreux observateurs saluent le travail accompli par le CNT, estimant qu’il constitue une base solide pour un renouveau démocratique. Le référendum de septembre sera un moment décisif : il pourrait sceller le retour à l’ordre constitutionnel, avec l’espoir qu’il marque enfin un nouveau départ pour la Guinée
Laleman Guinée

