Le projet de nouvelle Constitution guinéenne marque une étape décisive dans la reconnaissance et la protection des droits des femmes. Plusieurs dispositions y sont consacrées, traduisant une volonté affirmée de l’État de promouvoir l’égalité entre les sexes, de combattre les discriminations et de garantir une meilleure représentativité féminine dans les sphères de décision.
Parmi les mesures phares, l’article 6 instaure un quota d’au moins 30 % de femmes dans les postes décisionnels et électifs aux niveaux national, régional et local. Une avancée saluée par de nombreuses organisations de la société civile qui militent depuis des années pour une meilleure inclusion politique des femmes.
Dans l’article 7, la Constitution prohibe formellement toute forme de discrimination fondée sur le sexe. L’État s’engage à promouvoir la parité homme-femme, une disposition qui s’étend à l’ensemble des droits civiques, politiques, économiques et sociaux.
La nouvelle loi fondamentale prend également position contre les violences faites aux femmes. L’article 9 criminalise explicitement les mutilations génitales féminines, les viols, la torture et autres traitements dégradants, engageant ainsi la responsabilité de l’État à lutter contre ces pratiques.
Sur le plan économique et professionnel, l’article 23 garantit aux femmes le droit à un travail décent, sans aucune forme de discrimination fondée sur le genre. Cette disposition vise à renforcer l’égalité des chances dans le monde du travail, tant dans l’accès à l’emploi que dans la rémunération.
Enfin, l’article 25 consacre l’égalité des droits entre conjoints durant le mariage et lors de sa dissolution. L’État y réaffirme le droit de toute femme à fonder une famille librement, sans discrimination liée à l’ethnie, la religion ou la nationalité.
Ces dispositions, si elles sont validées par référendum, pourraient transformer en profondeur le statut des femmes en Guinée. Mais au-delà des textes, les défis restent nombreux : leur application effective et la lutte contre les résistances socioculturelles seront les prochains grands chantiers.
Un projet de société où la femme guinéenne n’est plus marginalisée mais reconnue comme actrice à part entière du développement national.
Monsieur Ciré

