Le ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME a récemment ordonné la fermeture de plus d’un millier d’unités industrielles à travers le pays, en grande majorité des structures spécialisées dans la production d’eau minérale. Cette mesure, motivée par des manquements graves aux normes sanitaires et à la réglementation en vigueur, suscite un large écho dans l’opinion publique. Pour les défenseurs des droits des consommateurs, c’est une décision salutaire, attendue depuis longtemps.
Interrogé Nbani Sidibé, président de l’union pour la défense des consommateurs, s’est félicité de cette décision. Il rappelle que « la santé des consommateurs est non négociable ». Pour lui, cette prolifération anarchique d’eaux dites minérales sur le marché guinéen représentait un danger réel. « Beaucoup de ces unités opéraient sans autorisation préalable, sans contrôle sanitaire, et mettaient leurs produits en vente libre dans toutes les localités du pays. C’est une menace sérieuse pour la santé publique », dénonce-t-il.
Il salue également la rigueur avec laquelle les autorités ont procédé à cette fermeture massive. Il estime toutefois que cette action ne doit pas être un simple coup de force, mais un point de départ vers une véritable réforme du secteur : « Il faut établir un contrôle rigoureux à toutes les étapes : de l’octroi de l’agrément jusqu’à la mise sur le marché du produit fini. Et tous les produits doivent être certifiés selon les normes internationales. »
Nbani Sidibé appelle à une collaboration renforcée entre le ministère du Commerce, celui de la Santé, et les autres structures concernées, pour garantir des contrôles efficaces, transparents et réguliers. Il insiste sur la nécessité de mettre en place des laboratoires spécialisés pour tester la qualité de l’eau produite localement.
Face aux inquiétudes d’une partie de la population qui dépendait fortement de ces eaux en sachet, souvent utilisées en remplacement de l’eau potable, il rassure : « Il ne s’agit pas d’une interdiction définitive. Tous les opérateurs sont invités à se mettre en règle. Le secteur reste ouvert à la concurrence, mais dans le strict respect des normes. »
Par ailleurs, il a pointé du doigt la responsabilité de la Société des eaux de Guinée (SEG), dont la qualité de service est aussi remise en cause. « La SEG est prise en otage par des intérêts privés. Elle ne remplit plus sa mission de service public. À Conakry comme à l’intérieur du pays, l’eau potable est devenue un luxe », déplore-t-il.
Il conclut en renouvelant son soutien au ministère du Commerce et en appelant à une mobilisation citoyenne pour exiger le respect strict des règles en matière de production d’eau : « La vie des consommateurs commence dans l’assiette… et dans le verre d’eau. »

