Un tournant majeur dans le paysage électoral guinéen. Par décret présidentiel lu à la télévision nationale ce mardi 22 juillet 2025, Mme Djenabou Touré a été nommée Directrice générale des élections, une fonction stratégique dans le nouveau dispositif électoral mis en place par les autorités de la transition.
Jusqu’ici directrice nationale des affaires politiques et de l’administration électorale au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), Mme Touré devient la toute première responsable de la Direction générale des élections (DGE), entité récemment créée pour succéder à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Elle sera secondée par M. Georges Abraham Sory, expert en logistique électorale, nommé Directeur général adjoint dans le même décret.
Un parcours dense dans l’administration électorale
Loin d’être une novice, Djenabou Touré est une figure bien connue des milieux politico-administratifs guinéens. Son implication dans la gestion des processus électoraux remonte à 1998, année où elle a rejoint le Haut Conseil aux Affaires Électorales. Elle a ensuite été conseillère nationale à la CENI entre 2002 et 2005, puis vice-présidente de la Commission technique électorale en 2010.
Entre 2012 et 2021, elle a occupé plusieurs postes clés au sein de l’appareil électoral guinéen : directrice nationale adjointe de l’administration électorale, directrice adjointe du département planification de la CENI, avant de prendre la tête du département du fichier électoral. Une ascension marquée par sa maîtrise des dossiers techniques et sa connaissance fine des réalités du terrain.
Un défi stratégique à l’approche du référendum constitutionnel
Cette nomination intervient à un moment charnière : la Guinée se prépare à organiser, le 21 septembre 2025, un référendum constitutionnel annoncé comme la première étape d’une série de scrutins majeurs. La nouvelle directrice générale des élections aura donc la mission délicate de piloter l’organisation d’un processus électoral crédible, inclusif et transparent, dans un contexte où les enjeux politiques et juridiques sont considérables.
Les regards, tant nationaux qu’internationaux, seront braqués sur ce premier test grandeur nature pour la DGE. Le défi est d’autant plus grand que cette structure est appelée à restaurer la confiance des citoyens dans les mécanismes électoraux, après plusieurs années de contestations et de réformes institutionnelles.
Une nouvelle ère pour les élections en Guinée
Avec cette double nomination, le président de la transition, Mamadi Doumbouya, amorce une nouvelle phase de son calendrier de refondation. La mise en place de la DGE, et le choix de profils expérimentés à sa tête, illustrent une volonté affichée de professionnaliser et de stabiliser l’organisation des élections en Guinée.
Reste maintenant à la nouvelle équipe de convaincre sur le terrain, dans l’action, et à court terme, à réussir l’organisation du référendum constitutionnel du 21 septembre, prélude aux futures élections présidentielles et législatives.

