Poursuivi pour des faits présumés de corruption et de détournement de fonds publics, l’ancien Directeur Général des Impôts, Mory Camara, a été remis en liberté ce mardi par la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction de la CRIEF. Il reste toutefois placé sous contrôle judiciaire.
La décision, rendue par le juge Aboubacar Conté, fait suite à un recours introduit par la défense de l’ancien haut fonctionnaire. La juridiction a annulé deux précédentes ordonnances : l’une suspendant temporairement les mesures de contrôle judiciaire, l’autre les révoquant définitivement. Ces mesures avaient été prises à la demande du ministère public, qui s’opposait jusque-là à toute forme d’assouplissement du régime judiciaire de Mory Camara.
Déjà placé sous contrôle judiciaire en mars dernier, l’ancien patron du fisc avait vu cette mesure levée quelques semaines plus tard. Sa remise en liberté, bien que sous conditions, marque donc un revirement important dans cette affaire au retentissement national.
Mory Camara est mis en cause pour corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, concussion et détournement de deniers publics. Deux décisions fiscales controversées sont au cœur des accusations : la réduction de la dette de la société ASHAPORA de 800 à 17 milliards de francs guinéens, et celle de la société SMFG, ramenée de 600 à 6 milliards.
Le dossier reste ouvert et la procédure suit son cours devant la Cour de répression des infractions économiques et financières.

