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Accueil » “On vit dans la peur”: les femmes de la T6 à Sonfonia dénoncent une entreprise chinoise
Société

“On vit dans la peur”: les femmes de la T6 à Sonfonia dénoncent une entreprise chinoise

By 4 août 2025Updated:4 août 2025Aucun commentaire4 Mins Read
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Une colère grandissante s’exprime à Sonfonia T6, en périphérie de Conakry. Ce lundi matin, des femmes riveraines d’une entreprise Chinoise sont descendues dans la rue pour dénoncer les nuisances environnementales causées, selon elles, par cette société spécialisée dans la fabrication de matériaux de construction.

Parmi les manifestantes, Aïssatou Bobo Diallo, l’une des porte-voix du mouvement, dénonce une situation devenue insoutenable, notamment en cette saison des pluies : « En saison sèche, c’est la poussière qui envahit nos maisons ; en saison pluvieuse, c’est l’inondation. Dès qu’il commence à pleuvoir, on ne dort plus. On surveille la pluie toute la nuit, de peur que l’eau n’envahisse nos concessions. »

Selon les résidents, l’entreprise aurait obstrué les voies naturelles d’évacuation des eaux pluviales, aggravant les inondations dans le quartier : « Ils ont bloqué les canalisations. Toute l’eau de pluie est redirigée vers nos habitations. Dans leur cour, vous ne verrez jamais une goutte d’eau : ils ont installé de gros tuyaux qui déversent directement l’eau dans nos concessions, mettant nos enfants en danger. »

La semaine dernière, le pire a été évité de justesse : « Ce sont les boulangers du quartier qui ont empêché les enfants de tomber dans les caniveaux. Sinon, on aurait pu enregistrer plusieurs morts. Nos enfants de 3 à 4 ans jouent juste derrière nos maisons. »

Les dégâts sont considérables : maisons inondées, matelas emportés, appareils électroménagers hors d’usage. Malgré des plaintes répétées, les riverains se sentent abandonnés : « Nous avons tenté d’alerter les responsables. Mais les gardiens nous bloquent. Et lorsqu’on réussit à parler à quelqu’un, ils nous promettent de transmettre l’information, mais rien ne change. Pire, nos appels sont ignorés. »

Pour Aïssatou Bobo Diallo, la coupe est pleine : « Ce sont nos voisins, nos partenaires. Ils emploient nos enfants. Mais cela ne leur donne pas le droit de mettre nos vies en danger. On ne peut pas rester silencieux. La Guinée appartient à nous tous. »

Elle en appelle à l’intervention urgente de l’État : « Nous lançons un appel solennel au gouvernement. Les militaires, les policiers, les gendarmes n’ont pas pu faire respecter nos droits. Que les autorités prennent enfin leurs responsabilités, car cette pluie nous a vraiment traumatisés. »

De son côté, Alpha Bocar Diallo, président du Conseil de quartier, confirme la légitimité des doléances : « Selon les femmes, l’entreprise a barré une voie d’accès en aménageant sa cour sur le passage. En plus, la fabrication des dalles dégage une poussière intense, insupportable aussi bien en saison sèche qu’en saison pluvieuse. »

Face à cette situation, il affirme avoir entrepris des démarches : « J’ai demandé aux femmes de constituer un comité pour rédiger une plainte officielle à adresser au quartier. Ensuite, nous allons transmettre le dossier à la commune. Depuis ma prise de fonction, je me suis rendu à quatre reprises à l’entreprise avec des responsables du secteur, mais nous n’avons reçu aucune réponse concrète. »

Il souligne également l’impact de la saison des pluies : « L’eau de ruissellement a même endommagé la cour de SOS. Nous avons demandé à la population de garder son calme. Nous sommes dans un État de droit : chacun doit respecter les procédures. »

Alpha Bocar Diallo insiste sur la nécessité d’une solution durable : « Une fois les documents formalisés, nous allons les transmettre à la commune pour un traitement au plus haut niveau. L’objectif est de trouver une solution définitive à ce problème. »

Alors que la tension monte dans ce quartier populaire de Conakry, les autorités locales sont appelées à agir rapidement pour apaiser les frustrations et garantir une cohabitation pacifique entre les habitants et les entreprises implantées dans la zone.

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