Un drame d’une rare violence s’est produit dans la nuit du mercredi à jeudi au marché Madina, plus précisément à l’ancienne gare routière de Bonfi. Un incendie, vraisemblablement causé par un court-circuit électrique, a ravagé une partie du centre commercial connu sous le nom de “Magasin Glacière”, réduisant en cendres une dizaine de boutiques et plusieurs conteneurs.
Malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers et l’aide des riverains, les flammes ont complètement consumé les lieux. Sur place, l’émotion est vive, les visages sont marqués par la détresse, et les témoignages poignants se succèdent.
Des pertes incalculables
Dame Mariama Sylla, commerçante et mère de famille, est l’une des nombreuses victimes. En larmes, elle raconte :
« Je suis vraiment à terre. Mon magasin et tout son contenu sont partis en fumée. Aujourd’hui, même le prix du déjeuner nous manque. Mon mari est paralysé depuis plus de six ans, et je suis la seule à prendre en charge toute la famille, ici comme au village. Mes sources de revenus sont désormais réduites à néant. Je demande aux autorités de nous venir en aide. »
Abdoulaye Diogo Barry affirme avoir perdu trois magasins.
« Il est encore trop tôt pour faire un bilan exact. Nous devons nous regrouper pour évaluer les pertes. Mais c’est un choc. Je remercie tout de même les autorités locales, le ministère du Commerce et la Chambre régionale de commerce qui se sont déplacés pour constater les dégâts », déclare-t-il.
Le feu s’est déclaré vers 23 heures, alors qu’il pleuvait, aggravant les difficultés d’accès pour les secours. Les flammes ont emporté des marchandises de grande valeur : glacières, nattes, tapis, récipients en aluminium, mais aussi des sommes importantes en espèces, stockées dans les boutiques.
Un appel à l’aide
Abdoulaye Tolo Barry, lui aussi sinistré, est dévasté :
« J’ai trois magasins ici. Deux ont été totalement brûlés. Ils étaient remplis de marchandises. Rien n’a été sauvé. Même pas une aiguille. Ce que j’ai construit en plusieurs années est parti en une nuit. »
Plus grave encore, certains commerçants affirment que les fonds perdus appartenaient à des banques. C’est le cas de Dossou Condé, inconsolable :
« Tout mon argent est parti, et c’était l’argent de la banque. Comment allons-nous rembourser ? Aujourd’hui, nous n’avons plus rien, même pas de quoi manger. Je demande au président Mamadi Doumbouya de nous venir en aide. »
Aïssatou Sylla, venue chaque jour de Gomboya pour vendre, se retrouve elle aussi sans ressources :
« Mon mari est malade depuis trois ans. J’ai accouché il y a trois jours à peine. Je venais de recevoir un conteneur de marchandises, dont une grande partie n’était pas encore payée. Tout est parti. Y compris une somme de 700 millions de francs guinéens. Et ma tontine ? Je ne connais même pas le montant exact… »
Une solidarité attendue
Le bilan des pertes reste à établir, mais il est déjà clair que de nombreuses familles ont tout perdu. Les commerçants sinistrés demandent un appui urgent des autorités publiques et des institutions financières, afin de les aider à se relever.
Cet incendie relance une fois de plus le débat sur la sécurité électrique et les mesures de prévention dans les marchés urbains de Conakry. En attendant les résultats de l’enquête, les victimes pleurent leurs pertes, dans l’espoir d’un élan national de solidarité.

