L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est monté au créneau contre la candidature d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025. Lors d’un meeting samedi à Yopougon, à Abidjan, le leader du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a rejeté toute perspective d’un quatrième mandat du chef de l’État sortant.
« Je voudrais que vous alliez lui dire qu’il ne fera pas de quatrième mandat », a lancé Gbagbo devant des milliers de partisans, jugeant cette candidature « illégale et anticonstitutionnelle ».
Un mandat jugé de trop
Selon l’ancien président, la Constitution ivoirienne limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Il estime ainsi que le troisième mandat de Ouattara, obtenu en 2020, était déjà « anticonstitutionnel ». « Pourquoi quelqu’un pense-t-il qu’il peut faire quatre mandats ici en Côte d’Ivoire ? Je refuse », a martelé Gbagbo.
Il a également dénoncé l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition de la liste électorale, dont lui-même, l’ex-Premier ministre Guillaume Soro et le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam.
Ouattara invoque la stabilité
Alassane Ouattara, 83 ans, a officialisé le 29 juillet sa candidature, arguant de « défis sécuritaires, économiques et monétaires sans précédent » qui, selon lui, nécessitent de l’expérience et de la continuité à la tête de l’État.
Ses partisans estiment que la Constitution de 2016, adoptée après la création de la Troisième République, a ouvert un nouveau cycle politique, permettant ainsi au président sortant de briguer deux nouveaux mandats. C’est sur cette base qu’il s’est présenté en 2020, considérant ce mandat comme le premier de la nouvelle Constitution. En 2025, il considère donc qu’il ne sollicite qu’un deuxième mandat dans ce cadre.
Un climat politique tendu
Malgré son inéligibilité liée à une condamnation judiciaire, Laurent Gbagbo a réaffirmé son intention de se présenter, se définissant comme « candidat contre le quatrième mandat » de Ouattara. Il a aussi dénoncé l’arrestation récente de militants de son parti et exprimé son soutien à leur égard.
Par ailleurs, il a ironisé sur une éventuelle marche du RHDP, le parti présidentiel, en faveur d’un quatrième mandat de Ouattara : « S’ils marchent, nous marcherons aussi, et la Côte d’Ivoire va devenir un pays de marcheurs », a-t-il lancé.
À moins de trois mois du scrutin présidentiel, le pays s’enfonce dans un climat politique tendu, marqué par des divergences profondes sur l’interprétation de la Constitution et la légitimité de la candidature du chef de l’État sortant.

