Le chef de l’État a nommé de nouveaux directeurs régionaux et préfectoraux des élections. Une décision saluée par Mohamed Lamine Kaba, président du parti FIDEL, qui y voit un signal du retour à l’ordre constitutionnel. Il rejette les critiques contre le MATD, rappelant que la CENI avait montré ses limites, et cite l’exemple du Sénégal où des élections organisées par l’administration ont permis plusieurs alternances.
Dans cet entretien, le président du Parti Fidel, Mohamed Lamine Kaba, salue la nomination des directeurs régionaux et préfectoraux des élections par le chef de l’État. Selon lui, cet acte confirme la volonté des autorités de ramener le pays à l’ordre constitutionnel. « Je pense que cet acte est à saluer. Il nous rassure sur le fait que le retour à l’ordre constitutionnel est imminent. Pour nous, c’est aussi un appel lancé au peuple de Guinée afin de s’organiser et de rendre ce retour effectif. Le gouvernement a déjà posé plusieurs actes qui traduisent sa volonté réelle d’aller vers cette normalisation. »
En répondant aux critiques contre l’organisation par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Mohamed Lamine Kaba rappelle que la CENI avait déjà montré ses limites avec des élections marquées par des irrégularités. « Toute la question est de savoir ce que veulent réellement ceux qui contestent. Ils réclament le retour de la CENI, mais n’oublions pas que c’est cette CENI qui a organisé des élections présidentielles avec 24 candidats, où un nom avait même été oublié ! C’est encore cette CENI qui a produit des résultats contestés à 100 %, et qui a laissé disparaître des urnes et du matériel électoral, jusque dans les forêts et au bord de la mer. Nous avons même vu 150 kits électoraux disparaître entre Conakry et Kankan. Cette gestion calamiteuse de la CENI nous a conduits à solliciter l’aide d’étrangers pour finaliser certains processus électoraux. Alors, si aujourd’hui on réclame à nouveau cette même CENI, je me demande vraiment ce qu’on cherche. Il faut être lucide : dans plusieurs pays plus avancés démocratiquement que nous, le ministère de l’Administration du territoire organise directement les élections. C’est le cas du Sénégal, où, malgré l’organisation par une Direction générale des élections nommée par le pouvoir, il y a eu trois alternances politiques : le président Abdou Diouf a perdu, ensuite le président Abdoulaye Wade a perdu, et aujourd’hui c’est Macky Sall qui est arrivé par ce même processus. Alors pourquoi la Guinée ne pourrait-elle pas réussir cette expérience ? Il faut qu’on apprenne à nous faire confiance. »
Pour rassurer certains sceptiques, il cite l’exemple des élections organisées par l’administration du territoire et de la Décentralisation qui ont permis, à plusieurs reprises, l’alternance démocratique. « Nous avons des exemples ailleurs : des ministres nommés par des présidents ont organisé des élections où ces mêmes présidents ont été battus. »
Le président du Parti Fidel appelle donc les nouveaux responsables électoraux à agir avec patriotisme et à garantir la transparence afin que les prochaines élections soutiennent la paix et la sérénité.

