À la suite du référendum constitutionnel organisé le 21 septembre dernier, l’Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum (ONASUR) a tenu une conférence de presse à Conakry. À travers cette sortie médiatique, l’institution a souhaité informer l’opinion publique nationale et internationale, ainsi que les autorités guinéennes, sur son mandat, ses activités sur le terrain, sa méthodologie de travail, ainsi que les résultats de sa mission de supervision.
Cet organe indépendant a été créé par le décret n°073 du 18 septembre 2025 et régi par les articles 11 à 16 de la loi référendaire. L’ONASUR a été mis en place comme organe indépendant chargé de la supervision du déroulement du processus électoral. Sa mission s’est articulée autour de plusieurs axes :
Le suivi du respect du chronogramme,
La vérification du matériel électoral,
L’observation du scrutin,
Le dépouillement et la centralisation des résultats, jusqu’à la transmission d’un rapport général aux autorités compétentes.
Selon le président de l’ONASUR, Sékou Gouressy Condé, l’objectif de cette conférence était de « partager les actions menées, la méthodologie utilisée et les résultats obtenus, dans un souci de transparence et de redevabilité. »
Le premier rapporteur de l’ONASUR, Ousmane Diaby, a détaillé les activités réalisées sur le terrain, structurées en trois grandes phases : pré-scrutin, jour du scrutin et post-scrutin.
Avant le scrutin, l’ONASUR a tenu un point de presse pour présenter son cadre juridique et sa feuille de route, conformément à la loi 012 d’avril 2025. Une formation intensive des superviseurs a ensuite été organisée.
Le jour du vote, les superviseurs ont été déployés sur tout le territoire national – dans les 33 préfectures et les 8 régions administratives – mais également dans les 34 missions diplomatiques de la Guinée à l’étranger.
Cette couverture, a rappelé M. Diaby, s’inscrit dans les prérogatives de l’ONASUR, qui a la compétence d’intervenir au-delà des frontières guinéennes.
Après le scrutin, l’Observatoire a procédé à la collecte, au traitement et à l’analyse des données électorales grâce à une plateforme numérique sécurisée, baptisée IONASUR.
Cette technologie a permis une remontée rapide et fiable des procès-verbaux, assurant ainsi une supervision rigoureuse du processus électoral.
Ibrahim Khalil Bamba, membre de l’ONASUR, a insisté sur l’importance de la planification stratégique qui a guidé les actions de l’institution.
Dès sa création, l’ONASUR a élaboré une feuille de route claire, accompagnée d’un plan de communication et d’une stratégie opérationnelle rigoureuse.
La sélection des superviseurs s’est appuyée sur des critères stricts : compétence, intégrité, disponibilité et engagement éthique.
L’approche méthodologique de l’ONASUR repose sur trois piliers :
L’observation directe, grâce aux superviseurs déployés, dont une proportion significative de femmes ;
La coopération institutionnelle, avec des acteurs nationaux et internationaux, notamment la DGE (Direction Générale des Élections), l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), et les organisations de la société civile ;
La communication institutionnelle, avec une volonté de rendre des comptes en toute transparence.
Le président Sékou Gouressy Condé a rappelé que la loi 012 distingue deux organes clés dans le processus référendaire : la DGE, chargée de l’organisation technique du vote, et l’ONASUR, responsable de la supervision.
Cette complémentarité a permis, selon lui, un déroulement fluide et contrôlé du scrutin.
Il a également souligné que les rapports transmis par les superviseurs de l’étranger ont été traités avec la même rigueur que ceux venus de l’intérieur du pays, grâce à l’appui du ministère des Affaires étrangères.
L’ONASUR a conclu son point de presse en réaffirmant son engagement envers la transparence et la crédibilité du processus référendaire. « Ce que nous présentons aujourd’hui est le fruit d’un travail structuré, d’une équipe pluridisciplinaire et d’un dispositif de supervision innovant et efficace », a résumé Ibrahim Khalil Bamba.
Par cette démarche, l’institution entend contribuer à renforcer la confiance des citoyens et des partenaires dans les processus démocratiques en République de Guinée.
Laleman Guinée

