Conakry – Le 28 septembre 1958 demeure une date fondatrice de l’histoire guinéenne, un tournant décisif qui symbolise le courage, la dignité et la quête de souveraineté d’un peuple résolu à prendre en main son destin.
Ce jour-là, la Guinée, alors territoire d’outre-mer sous administration française, est appelée à se prononcer par référendum. Le choix est historique : rester dans la Communauté française proposée par le général Charles de Gaulle ou prendre la voie, incertaine mais libre, de l’indépendance totale.
Portés par la vision nationaliste du leader Ahmed Sékou Touré et le Parti Démocratique de Guinée (PDG), les Guinéens votent massivement en faveur du retrait : plus de 95 % des voix s’élèvent pour dire NON à la tutelle française, affirmant ainsi un OUI retentissant à l’indépendance. La Guinée devient alors le premier pays d’Afrique francophone à rejeter la proposition française et à réclamer sa pleine souveraineté.
Cette décision, saluée par les uns et critiquée par les autres, déclenche une réaction immédiate de la France : retrait brutal de l’aide économique, départ précipité des techniciens, et isolement diplomatique. Mais loin d’être un recul, ce choix marque le début d’un long combat pour l’affirmation nationale, dans des conditions particulièrement difficiles.
« Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage », déclarait alors Ahmed Sékou Touré, symbole d’une volonté farouche d’émancipation. Le peuple guinéen, malgré les défis, refuse l’humiliation et choisit de marcher la tête haute, guidé par une foi inébranlable en l’avenir.
67 ans plus tard, le 28 septembre reste une date de fierté nationale. Elle rappelle que l’indépendance n’a pas été donnée, mais conquise — dans la douleur, mais avec honneur.
Laleman Guinée

