À trois mois de l’élection présidentielle fixée au 28 décembre 2025, le Conseil national des jeunes de l’Union des Forces Républicaines (UFR) exprime son inquiétude et son scepticisme. Dans une interview accordée à la presse, Mouctar Kalissa, secrétaire général du Conseil national des jeunes de l’UFR, estime que la date du scrutin ne répond pas aux véritables enjeux politiques actuels.
« La fixation de cette date pour les élections présidentielles, franchement, c’est comme une mer à boire. On va à l’élection avec qui, et contre qui ? », interroge le responsable, qui rappelle que les partis politiques attendent encore de connaître les candidats officiellement en lice.
Une Constitution controversée
Pour l’UFR, le véritable problème ne réside pas seulement dans la fixation du calendrier électoral, mais dans les « dérives autoritaires » contenues dans la nouvelle Constitution. Mouctar Kalissa dénonce en particulier la limitation d’âge imposée aux candidats à la présidentielle, qu’il qualifie d’« inédit dans l’histoire des constitutions du monde ».
« Ils auraient dû plutôt exiger un niveau universitaire, afin d’écarter des amateurs et garantir que ce pays soit dirigé par des personnes compétentes », ajoute-t-il.
Le cas Sydia Touré
L’avenir politique de l’UFR reste suspendu à la situation de son président, Sydia Touré, toujours empêché de rentrer en Guinée. Mouctar Kalissa rappelle que l’ancien Premier ministre a été dépossédé de son domicile dans des conditions qu’il juge arbitraires.
« Quelqu’un qui te retire ta maison avec un contingent militaire et la gendarmerie, tu dois avoir peur pour ta vie et pour tes activités », déclare-t-il, estimant que la promesse d’une justice « boussole » faite par les autorités le 5 septembre 2021 n’a pas été respectée.
Une suspension toujours en vigueur
L’UFR, officiellement suspendu de ses activités politiques, affirme n’avoir reçu aucun document officiel levant cette mesure. « La levée de suspension dont on parle n’est qu’un vol d’oiseau », insiste Kalissa.
Malgré ces obstacles, le responsable des jeunes assure que son parti reste mobilisé : « L’UFR restera debout et les militants et sympathisants resteront derrière Sydia Touré, parce qu’il incarne une opportunité pour la Guinée. »

