À l’occasion de la célébration du 67ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le Président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, a procédé ce jeudi 02 octobre 2025 au dépôt d’une gerbe de fleurs à la Place des Martyrs, à Kaloum. Accompagné de son épouse, Mme Lauriane Doumbouya, il a été chaleureusement accueilli par la population. La cérémonie, marquée par un fort symbole mémoriel, a mobilisé les présidents des institutions, des diplomates accrédités ainsi que les membres du gouvernement, venus rendre hommage aux martyrs de l’indépendance.
Cette année, la commémoration s’est tenue sous le thème « S’inspirer du passé pour construire le futur : la souveraineté économique ». Un choix qui reflète la volonté des autorités de faire de l’indépendance économique le prolongement de la souveraineté politique acquise le 2 octobre 1958.
Le projet Simandou en vitrine
Intervenant devant la presse, le Ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a souligné que l’indépendance politique n’a de sens que si elle s’accompagne d’une véritable indépendance économique. Dans ce cadre, il a mis en avant le projet Simandou, qualifié de locomotive de la transformation nationale.
Le ministre a rappelé que le 28 septembre dernier, date marquant également le référendum historique de 1958, la Guinée a réceptionné ses quatre premières locomotives américaines destinées au transport du minerai de fer, des passagers et des marchandises depuis les blocs miniers de Simandou jusqu’au port de Moribaya. « Ce projet va désenclaver les quatre régions naturelles du pays et renforcer la cohésion économique nationale », a-t-il affirmé, précisant qu’un train passager circulera chaque jour et trois trains hebdomadaires assureront la liaison pour les voyageurs.
Une première raffinerie nationale d’alumine
Au-delà du Simandou, Bouna Sylla a annoncé que la Guinée a lancé, le 26 mars dernier, les travaux de construction de sa première raffinerie nationale d’alumine, dont l’achèvement est prévu en 2027. « Depuis l’indépendance, c’est une première. La raffinerie de Fria, elle, avait été construite à l’époque coloniale », a-t-il rappelé. L’objectif est clair : passer de l’exportation brute de bauxite à une chaîne de valeur complète allant jusqu’à l’aluminium, étape cruciale vers l’industrialisation du pays.
Capital humain et ascenseur social
Le ministre a également insisté sur l’importance du capital humain dans cette ambition économique. Quinze jeunes diplômés des classes préparatoires de Dalaba viennent d’obtenir des bourses pour des formations d’ingénieurs en Chine, destinées à servir les futures installations industrielles du pays.
À travers le programme Simandou 2040, 20 % des impôts et taxes issus de l’exploitation du Transguinéen seront consacrés, pendant 35 ans, à l’envoi de jeunes talents guinéens à l’étranger pour des formations de haut niveau. « C’est un moyen de garantir que l’enfant du menuisier, du fonctionnaire ou du commerçant ait les mêmes chances de réussir et d’éviter que la Méditerranée ne soit le seul horizon de nos jeunes », a déclaré Bouna Sylla.
Priorité au contenu local
Enfin, le ministre a rappelé que la politique de contenu local, instaurée par la loi de septembre 2022, reste au centre de la stratégie minière. Elle accorde une priorité aux entreprises guinéennes dans l’exécution des projets afin d’ancrer les retombées économiques dans le pays.
En mettant en avant ces projets structurants, les autorités entendent transformer la Guinée, premier exportateur mondial de bauxite, en un acteur majeur de la production d’alumine et d’aluminium. Une démarche qui, selon elles, donnera une véritable portée à l’indépendance conquise en 1958.

