La cité natale du premier président guinéen, Ahmed Sékou Touré, amorce une nouvelle phase de son développement. Ce jeudi, le Premier ministre Bah Oury a procédé à la pose de la première pierre du pont sur le fleuve Niger à Faranah. Ce projet, financé dans le cadre de la coopération guinéo-japonaise, marque une étape importante pour le désenclavement de la région et la relance économique du centre du pays. La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Japon en Guinée, de plusieurs membres du gouvernement, des autorités locales, ainsi que d’une foule nombreuse venue assister à cet événement historique.
Dans son allocution, Bah Oury a salué la solidité des relations entre la Guinée et le Japon, tout en rappelant l’importance du soutien japonais au développement du pays. « Le Japon a été l’un des pays qui ont contribué à faire découvrir les richesses du Simandou. Il y a eu tant d’autres projets que le Japon avait initiés ou entamés, mais, comme une fatalité du destin, ils n’ont pas pu se pérenniser ni se concrétiser. Aujourd’hui, notre objectif est de remettre les pendules à l’heure, d’encourager les industriels et les institutions japonaises à trouver, à travers la Guinée, des partenaires fiables pour une coopération la plus étendue possible. »
Un ouvrage pour relier et développer
Le futur pont sur le fleuve Niger viendra remplacer l’ancien pont métallique construit en 1957, devenu inadapté face à la croissance démographique et économique de Faranah. « Ce pont est un lien, comme l’ont dit tout à l’heure les précédents intervenants, entre deux parties de la Guinée : la partie nord et la partie sud. Il est vrai que lorsqu’on observe le pont de fer construit en 1957, on constate qu’il ne répond plus aux exigences du développement de la ville et de l’économie guinéenne. C’est pourquoi nos ministères, notamment celui du Plan et de la Coopération, avec le soutien de la délégation de l’ambassade du Japon en Guinée, ont encouragé la signature du protocole permettant la construction de ce nouveau pont. » a souligné Bah Oury.
De grands chantiers routiers annoncés
Le Premier ministre a profité de l’occasion pour annoncer le lancement imminent des travaux sur les axes. « nous avons très souvent emprunté la route Mamou–Faranah, un trajet de six heures. Mais je dois vous dire, avec le ministre des Infrastructures et avec l’aide de Dieu, qu’à partir du début du mois de novembre, tous les travaux seront lancés, aussi bien sur l’axe Mamou–Faranah que sur celui de Mamou–Labé. Ce sont des axes stratégiques majeurs : notre économie, notre stabilité et notre cohésion reposent sur ces deux voies, la nationale 1 et la nationale 2. Nous allons le faire, c’est un engagement du président de la République. L’autre jour, il m’a confié que tant que la construction de ces deux routes n’est pas lancée, cela l’empêche de dormir » a dit le chef du gouvernement
« Faranah est en train de renaître »
S’adressant aux habitants, le Premier ministre a rendu hommage à la population de Faranah pour sa patience et sa fidélité à l’État. « Le Sotikemo, tout à l’heure, lorsqu’on l’a rencontré, a exprimé des vœux et des remerciements à l’endroit du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, et à l’endroit du gouvernement, en disant que Faranah est en train de renaître. Il a raison. Population de Faranah, regardez autour de vous : le chemin de fer est à quelques kilomètres d’ici. Dans quelques semaines, le train sifflera. Population de Faranah, vous avez du mal à aller à Dabola, mais la route Faranah–Dabola sera lancée, n’est-ce pas, monsieur le ministre du Plan, monsieur le ministre des Infrastructures ? La route Kissidougou–Kankan est déjà bien avancée au niveau des études et sera lancée dans un avenir proche, que les ministres nous préciseront sous peu. La route Dinguiraye–Bissikrima est en cours de construction. L’axe Labé–Tougué est en phase d’ébauche, car il se prolongera jusqu’à Dinguiraye, pour rejoindre Siguiri. Cela montre que la région du centre est appelée à jouer son rôle de hub pour l’économie guinéenne et pour les liaisons entre toutes les parties du pays. C’est pourquoi, population de Faranah, les épreuves, les tristesses et les années sombres que vous avez connues ne seront bientôt qu’un lointain souvenir. Dans quelques années, votre économie, notre économie, fera de Faranah une position centrale pour l’ensemble de la Guinée. Imaginez que, dans moins d’un an, le Trans guinéen transportera des marchandises : cela signifie qu’un port sec, dans une certaine mesure, pourrait se développer ici à Faranah, pour permettre le transit des biens vers le nord ou le sud du pays. Cela veut dire que, dans une certaine mesure, les jeunes, les femmes, et l’ensemble des populations de Faranah peuvent espérer. Le doyen a raison : Faranah est en train de renaître, et cela, grâce à la vision du président de la République, le général Mamadi Doumbouya »
La cérémonie s’est conclue par la pose symbolique de la première pierre, en présence de l’ambassadeur du Japon et des membres du gouvernement.
Pour les populations locales, cette journée restera gravée comme celle du renouveau : Faranah entre dans une ère nouvelle, faite de promesses, d’infrastructures et d’espoir.
Monsieur Ciré

