La Guinée-Bissau organise ce 23 novembre 2025 une double élection — présidentielle et législative — dans un climat politique lourd marqué par les tensions et les incertitudes. Ce scrutin, très attendu, est considéré comme un test majeur pour la stabilité d’un pays régulièrement secoué par des crises institutionnelles.
La présidentielle oppose le chef de l’État sortant, Umaro Sissoco Embaló, candidat à sa propre succession, à une opposition affaiblie et fragmentée. L’exclusion du principal parti historique, le PAIGC, a alimenté les accusations de verrouillage du processus électoral. Cette situation intervient dans un contexte déjà tendu depuis la dissolution du Parlement en décembre 2023, qui a accentué les frictions entre le pouvoir et ses adversaires.
Depuis cette dissolution, le pays traverse une phase d’instabilité chronique. Le référendum constitutionnel récemment approuvé par une large majorité est perçu par certains comme une tentative du pouvoir d’asseoir davantage sa légitimité. L’opposition, elle, conteste la durée du mandat présidentiel et dénonce des interprétations divergentes et opportunistes des textes, renforçant la crise de confiance.
La campagne électorale s’est déroulée dans une atmosphère pesante, marquée par l’absence de plusieurs grandes forces d’opposition et par des inquiétudes persistantes autour de la transparence du scrutin. La communauté internationale — notamment la CEDEAO, l’ONU, ainsi que les partenaires occidentaux à Washington et Bruxelles — suit la situation avec une attention particulière et appelle à un processus électoral libre, inclusif et transparent, n’excluant pas d’éventuelles sanctions en cas de dérive autoritaire.
Malgré ces défis, les autorités bissau-guinéennes assurent avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour la tenue du vote. Le déroulement et l’issue de ce scrutin seront déterminants pour l’avenir de la Guinée-Bissau, un pays fragile qui aspire à tourner la page des coups d’État récurrents et à consolider sa stabilité politique et économique.

