La tuberculose demeure un problème majeur de santé publique en Guinée, malgré des progrès enregistrés ces dernières années. C’est ce qu’a indiqué le médecin et chercheur guinéen Aboubacar Sidiki Magassouba, lors d’un entretien accordé à un média local à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose.
Selon lui, environ 18 000 cas ont été détectés en 2025 à l’échelle nationale. Un chiffre qui reste en deçà des estimations réelles. « Ces cas sont en dessous de ce qui est estimé par l’OMS, ce qui montre qu’il existe encore de nombreux cas non détectés », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d’intensifier les efforts de dépistage.
Accès difficile et diagnostic tardif
Malgré les avancées enregistrées dans la prise en charge, plusieurs obstacles persistent. Parmi eux, l’éloignement des structures sanitaires dans certaines zones, notamment en milieu rural, la stigmatisation liée à la maladie et les difficultés économiques des patients.
« Les patients arrivent souvent tardivement après avoir parcouru plusieurs structures sanitaires et effectué de nombreuses dépenses avant d’être diagnostiqués », a-t-il déploré.
Des efforts accrus pour le dépistage
Face à ces défis, les autorités sanitaires, à travers le Programme National de Lutte Antituberculeuse, renforcent les stratégies de prévention et de détection précoce.
Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement organisées, avec l’appui des relais communautaires et des médias. La recherche des cas contacts constitue également un axe prioritaire pour limiter la propagation de la maladie.
Un traitement gratuit mais des coûts indirects élevés
En Guinée, le traitement de la tuberculose est gratuit et assuré dans une centaine de centres de diagnostic et de traitement à travers le pays.
Les résultats sont jugés encourageants, avec neuf patients sur dix qui guérissent après leur prise en charge.
Cependant, des contraintes subsistent. Une étude récente révèle que plus de 53 % des patients supportent des coûts dits catastrophiques, liés notamment au transport, à la perte de revenus et aux dépenses engagées avant le diagnostic.
Sensibilisation et mobilisation
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, les acteurs de santé multiplient les initiatives pour informer la population et réduire la stigmatisation.
« Cette journée est une opportunité pour rappeler que la tuberculose est un problème de santé publique et encourager le dépistage », a souligné Dr Magassouba.
Une lutte qui reste collective
Pour le spécialiste, la réussite de la lutte contre la tuberculose passe par une mobilisation de tous les acteurs, notamment les autorités, les partenaires, les médias et les communautés.
Malgré les progrès, la maladie reste encore sous-détectée en Guinée, ce qui appelle à un renforcement des stratégies de prévention, de dépistage et d’accompagnement des patients.

