À l’occasion de la Journée internationale du zéro déchet, la question de la gestion des déchets refait surface avec acuité en Guinée. Entre insuffisance des politiques publiques et comportements inadaptés des citoyens, le pays fait face à un défi environnemental majeur.

Intervenant sur cette thématique, le journaliste environnementaliste Aliou Diallo souligne l’importance de cette journée : « C’est une journée transversale qui concerne tout le monde : décideurs, citoyens, activistes, scientifiques. Les déchets sont produits par l’homme, donc l’homme est au centre du problème. »
Selon lui, cette journée constitue une opportunité essentielle pour prendre conscience de l’ampleur de la crise environnementale liée aux déchets.
Conakry, symbole d’une crise visible
Le constat est alarmant, notamment dans la capitale guinéenne, Conakry, où les déchets plastiques envahissent l’espace public.
« Partout où nous passons, nous rencontrons des déchets plastiques. Ils font désormais partie de notre quotidien. »
Cette omniprésence traduit l’incapacité actuelle du pays à gérer efficacement ses déchets, malgré quelques initiatives encore insuffisantes.
Au-delà des limites institutionnelles, le comportement des citoyens est fortement mis en cause. L’insouciance et le manque de civisme apparaissent comme des facteurs aggravants.
« Les citoyens pensent que c’est un phénomène avec lequel on peut vivre. Pourtant, ce sont eux les producteurs de ces déchets. »
Jeter les ordures dans la rue, ignorer les règles d’assainissement ou banaliser la pollution sont autant de pratiques qui illustrent un déficit d’éducation environnementale.
Cette attitude traduit une incompréhension profonde de la responsabilité individuelle dans la gestion des déchets.
Le journaliste met également en lumière un autre problème majeur : l’absence de synergie entre les différents acteurs.
« Il y a un manque de coordination entre citoyens, décideurs, scientifiques. Chacun doit jouer sa partition. »
Cette désorganisation freine la mise en place de solutions durables et efficaces.
Pour inverser la tendance, plusieurs actions sont nécessaires :
Renforcer la sensibilisation et l’éducation environnementale
Encourager des comportements civiques responsables
Considérer les déchets comme des opportunités économiques
Améliorer la collaboration entre institutions et citoyens
« Les déchets ne doivent pas être vus comme un problème, mais comme une source d’opportunités et d’emplois. »
Selon cet environnementaliste, Les jeunes représentent un levier essentiel dans cette lutte.
« Les jeunes sont des acteurs clés. Ils sont dynamiques et peuvent impulser le changement. »
Des initiatives locales émergent déjà, notamment dans le recyclage :
Transformation des déchets plastiques en pavés
Production de charbon écologique
Création d’entreprises vertes comme Mananyuma
Ces actions, bien que prometteuses, nécessitent davantage de soutien pour se développer.
Des conséquences graves sur la santé et l’environnement
Plus loins il affirme que la mauvaise gestion des déchets a des impacts considérables :
Prolifération de maladies
Dégradation des sols agricoles
Pollution de l’air et de l’eau
Contribution au réchauffement climatique
« Les déchets plastiques peuvent entraîner des maladies et dégrader durablement l’environnement. C’est pourquoi je fait un appel à une responsable sur la gestion des déchets en Guinée »
Le message du journaliste est clair : la lutte contre les déchets est une responsabilité partagée.
« Les déchets sont produits dans nos maisons et jetés par nous-mêmes. Les citoyens doivent se sentir responsables. »
Il appelle également les autorités à aller au-delà des discours en mettant en place une politique nationale efficace de gestion des déchets.
La gestion des déchets en Guinée ne pourra s’améliorer sans un changement profond des mentalités. Si les autorités ont un rôle clé à jouer, les citoyens restent les premiers responsables. Sans discipline collective et engagement réel, les initiatives resteront insuffisantes face à l’ampleur du problème.
Laleman Guinée.

