La République de Guinée accueille, pour la première fois de son histoire, les audiences hors siège de la Cour de justice de la CEDEAO. La cérémonie officielle d’ouverture s’est tenue à Conakry en présence des autorités judiciaires, des représentants du Barreau, des magistrats, des universitaires, des acteurs de la société civile ainsi que des responsables de l’institution communautaire. À cette occasion, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a salué une initiative qu’il qualifie d’historique pour la Guinée et pour l’espace communautaire ouest africain.
« Une initiative qui renforce l’accès à la justice »
Dans son intervention, le garde des Sceaux a estimé que la tenue de ces audiences hors siège à Conakry traduit « la vitalité de l’organisation communautaire, la solidité de ses institutions judiciaires ainsi que son engagement constant en faveur de l’État de droit, de l’accès à la justice et de la protection des droits humains ». Selon lui, cette initiative contribue à une meilleure appropriation du rôle et des missions de la Cour de justice de la CEDEAO par les citoyens et les acteurs judiciaires des États membres. Elle permet également de renforcer la connaissance des mécanismes de recours communautaires. Le ministre a particulièrement insisté sur l’importance de rapprocher la justice communautaire des populations, dans un contexte régional marqué par de multiples défis sécuritaires, politiques, institutionnels et sociaux.
Des défis institutionnels évoqués
Au cours de son allocution, Ibrahima Sory 2 Tounkara a également mis en lumière plusieurs défis auxquels la justice communautaire ouest-africaine reste confrontée. Parmi les préoccupations évoquées figurent notamment l’absence d’un mécanisme juridictionnel d’appel au sein de la Cour de justice de la CEDEAO, la durée limitée du mandat des juges, fixée à quatre ans, ainsi que les difficultés liées à l’exécution effective des décisions rendues par la juridiction communautaire. Pour le ministre de la Justice, ces questions touchent directement à l’efficacité et à la crédibilité de la justice communautaire et nécessitent une réflexion approfondie ainsi que des réponses concrètes de la part des États membres.
La Guinée réaffirme son engagement
Le garde des Sceaux a réaffirmé l’engagement de la République de Guinée, sous le leadership du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, à soutenir les initiatives visant à renforcer l’intégration juridique et judiciaire au sein de la CEDEAO. Selon lui, l’organisation de cette audience foraine à Conakry mérite « considération et reconnaissance » dans la mesure où elle rapproche davantage la justice communautaire des peuples qu’elle est appelée à servir. Ibrahima Sory 2 Tounkara a enfin souligné que la consolidation d’institutions judiciaires fortes, indépendantes, crédibles et accessibles demeure une condition essentielle pour préserver la confiance des citoyens envers la justice, renforcer la stabilité des États et garantir la primauté du droit dans l’espace communautaire ouest-africain.

