Malgré une crise sociale persistante et une inflation durablement élevée, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a été désigné candidat unique du parti au pouvoir pour l’élection présidentielle de 2027.
Le président du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, a franchi une nouvelle étape vers un second mandat. Réuni à Abuja à l’occasion d’un sommet marquant le deuxième anniversaire de son arrivée au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), parti au pouvoir, l’a officiellement désigné comme candidat unique à l’élection présidentielle prévue début 2027.
Âgé de 73 ans, Tinubu avait remporté le scrutin présidentiel de février 2023, dont les résultats avaient été contestés sans succès devant les tribunaux par ses principaux adversaires.
Sa candidature a été validée à l’issue de primaires largement symboliques. Son unique concurrent, l’homme d’affaires peu connu Stanley Osifo, avait déboursé 100 millions de nairas pour participer au processus interne.
L’APC contrôle désormais 31 des 36 États fédérés nigérians, contre 21 lors de l’élection de 2023, à la faveur d’une série de défections au sein de l’opposition. Le président national du parti, Abdullahi Ganduje, a officiellement entériné la candidature de Tinubu, présenté comme l’homme appelé à poursuivre les réformes engagées depuis deux ans.
Ces réformes, centrées sur la suppression des subventions aux carburants et la libéralisation du taux de change, ont été favorablement accueillies par le Fonds monétaire international, les agences de notation et les investisseurs étrangers, qui y voient des signes d’assainissement économique.
Mais sur le plan social, le bilan demeure fortement contesté. L’inflation, qui avait culminé à près de 30 % en 2024, avoisinait encore 15 % début 2026. En quatre ans, les prix du carburant ont quadruplé, alimentant une sévère crise du coût de la vie. Selon la Banque mondiale, environ 60 % des Nigérians vivent désormais sous le seuil de pauvreté, soit une hausse de quatre points depuis l’arrivée de Tinubu au pouvoir.
Le chef de l’État reste également critiqué pour son incapacité à enrayer l’insécurité chronique qui frappe le pays, entre l’insurrection jihadiste dans le nord-est et le banditisme armé dans plusieurs régions.
Malgré ces difficultés, Bola Ahmed Tinubu apparaît aujourd’hui comme le grand favori du scrutin de 2027. Les partis d’opposition, affaiblis par des divisions internes et plusieurs ralliements à l’APC, peinent à faire émerger une alternative crédible.

