Invité de Bonheur FM pour analyser le déroulement des élections législatives et communales du 30 mai dernier, l’acteur de la société civile Ibrahima Aminata Diallo a dressé un bilan globalement positif sur le plan sécuritaire, tout en soulignant une participation qu’il juge relativement faible dans plusieurs localités du pays.
Pour Ibrahima Aminata Diallo, ce double scrutin constitue une étape décisive dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel engagé par les autorités de la transition, après le référendum constitutionnel et l’élection présidentielle.
Selon lui, plusieurs observateurs ont cependant constaté une faible affluence dans de nombreux centres de vote, notamment à Conakry et dans certaines grandes villes de l’intérieur. Une situation qu’il attribue à plusieurs facteurs, parmi lesquels le contexte politique, l’appel au boycott lancé par une partie de l’opposition, mais également la proximité de la fête de Tabaski, période durant laquelle de nombreux citoyens effectuent des déplacements familiaux.
L’acteur de la société civile a également relevé quelques dysfonctionnements observés sur le terrain. Il cite notamment des retards dans l’acheminement du matériel électoral, des problèmes liés aux listes de dérogation, des cas d’urnes non scellées ainsi que certaines insuffisances dans la gestion des procès-verbaux.
« Ceux qui ont voulu voter ont pu le faire, mais il reste encore des efforts à fournir dans l’organisation et la gestion des opérations électorales », a-t-il souligné.
S’agissant des enjeux politiques, Ibrahima Aminata Diallo estime que la faible mobilisation des électeurs pourrait poser la question de la légitimité de la future Assemblée nationale. Il note également que les projections donnent une large avance au Mouvement de Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) et à ses alliés, ce qui pourrait conduire à une Assemblée dominée par une seule mouvance politique.
Pour les prochaines échéances électorales, il recommande un renforcement de l’ouverture du champ politique et une meilleure implication des citoyens. Selon lui, les partis politiques gagneraient à présenter des candidats davantage connus au sein de leurs communautés afin de susciter plus d’intérêt et de participation.
« Une élection doit permettre de légitimer le pouvoir des élus. Il faut que les citoyens se reconnaissent dans les candidats qui sollicitent leurs suffrages », a-t-il conclu, appelant à des compétitions électorales plus ouvertes et plus inclusives à l’avenir.

