Prenant la parole lors du sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu ce week-end en Sierra Leone, le président de la République de Guinée, le Président Mamadi Doumbouya, a plaidé pour une réforme de l’organisation sous-régionale et remis en cause la politique de sanctions appliquée à certains États membres.
Dans son discours devant les chefs d’État et de gouvernement, le dirigeant guinéen a estimé que l’intégration régionale demeure « la seule voie pour le développement et pour éviter les guerres » en Afrique de l’Ouest. Revenant sur la création de la CEDEAO en 1975, il a rappelé que les pères fondateurs avaient avant tout voulu bâtir un espace économique commun au service de la paix et de la prospérité.
Le général Doumbouya a particulièrement insisté sur les limites des sanctions imposées par l’organisation, affirmant qu’elles n’atteignent pas les objectifs recherchés.
« Les sanctions ne sont pas la solution », a-t-il déclaré, estimant qu’elles affectent en priorité les populations, notamment les élèves, les femmes, les agriculteurs et les malades, plutôt que les autorités qu’elles visent.
Selon lui, ces mesures entraînent également des difficultés d’approvisionnement, favorisent les trafics et s’éloignent de l’esprit de solidarité qui a présidé à la création de la CEDEAO.
Au-delà de cette critique, le chef de l’État guinéen a appelé à une réforme des institutions communautaires afin de mieux les adapter aux réalités actuelles de la sous-région. Il a plaidé pour une gouvernance davantage tournée vers le développement économique, la création d’emplois, les infrastructures, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi qu’une plus grande implication des populations dans les décisions de la communauté.
Le président de la Guinée a également estimé que les réponses de la CEDEAO doivent être adaptées aux contextes propres à chaque État, soulignant qu’« on ne soigne pas le paludisme et le cancer avec le même remède ».
En conclusion, Mamadi Doumbouya a exhorté les dirigeants ouest-africains à privilégier le dialogue, la solidarité et la prospérité partagée, estimant que l’avenir de la région passe par une CEDEAO plus unie, plus inclusive et davantage centrée sur les aspirations de ses peuples.

