L’effondrement d’un immeuble de neuf étages à Demoudoula, dans la commune de Ratoma, relance le débat sur la sécurité des constructions en Guinée. Pour Balla Moussa Konaté, ingénieur des Ponts et Chaussées, les premières observations techniques laissent penser à une défaillance des fondations, conséquence probable d’une inadéquation entre la structure du bâtiment et la nature du sol.
Selon l’ingénieur, tout projet de construction d’un immeuble doit impérativement être précédé d’études géotechniques et de notes de calcul permettant de déterminer la capacité du terrain à supporter l’ouvrage. Le non-respect de ces exigences constitue l’une des principales causes des effondrements de bâtiments.
Balla Moussa Konaté rappelle également que plusieurs signes d’alerte étaient visibles depuis plusieurs années dans la zone de Nongo, notamment des fissures au niveau du sol. Pour lui, ces indices auraient dû conduire à un renforcement des contrôles techniques avant toute poursuite des travaux de construction.
L’ingénieur des Ponts et Chaussées insiste sur le fait que la rapidité d’exécution d’un chantier n’est pas un problème en soi, à condition que les travaux soient réalisés dans le strict respect des règles de l’art. Il estime que la compétence des intervenants doit primer sur toute autre considération.
« Les propriétaires doivent choisir leurs techniciens en fonction de leurs compétences et non du coût de leurs prestations. Construire avec des personnes insuffisamment qualifiées expose non seulement l’investissement à des pertes considérables, mais met également des vies humaines en danger », souligne-t-il.
L’expert appelle également les services techniques de l’État à renforcer les mécanismes de contrôle. Selon lui, la délivrance d’un permis de construire ne suffit pas ; des inspections régulières doivent être effectuées afin de vérifier que les travaux exécutés correspondent aux études techniques approuvées.
À l’approche des fortes pluies, Balla Moussa Konaté recommande aux autorités de recenser les bâtiments et les zones présentant des risques, puis de prendre rapidement les mesures nécessaires pour prévenir de nouveaux drames. Il invite également les citoyens à ne pas occuper des bâtiments présentant des fissures ou tout autre signe de fragilité.
Enfin, l’ingénieur plaide pour une véritable culture de la prévention. Face à la multiplication des effondrements de bâtiments et aux effets du changement climatique, il estime que l’État, les promoteurs immobiliers, les ingénieurs et les citoyens doivent faire du respect des normes de construction une priorité.
Pour Balla Moussa Konaté, prévenir les risques demeure le moyen le plus efficace de protéger les populations et d’éviter que de telles catastrophes ne se reproduisent.

