La décision était attendue et marque un tournant dans l’histoire de la Cour pénale internationale (CPI). Le procureur de la CPI, Karim Khan, a été relevé de ses fonctions en raison d’allégations d’agression sexuelle. Suspendu depuis 2025, il a finalement été révoqué définitivement après une réunion exceptionnelle tenue ce vendredi 24 juillet au siège de l’ONU à New York.
Lors d’un vote à bulletin secret organisé à huis clos, 82 États membres de la CPI ont voté en faveur de la fin de son mandat, selon des sources diplomatiques. Il fallait au moins 63 voix pour obtenir cette décision. Treize pays ont voté pour son maintien à son poste, tandis que 15 se sont abstenus.
L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a réagi sur le réseau social X : « Aujourd’hui, au siège de l’ONU, les États membres de la CPI ont voté la destitution du procureur Karim Khan. Khan pensait que sa chasse aux sorcières politique contre Israël et ses mandats d’arrêt scandaleux détourneraient l’attention des graves accusations d’inconduite sexuelle pesant sur lui. Il avait tort. »
En poste depuis 2021, Karim Khan est accusé d’agression sexuelle par une ancienne membre de son équipe. Des accusations qu’il rejette catégoriquement. L’accusatrice, une avocate malaisienne, s’est exprimée publiquement pour la première fois dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNN.
« Il est impossible qu’il y ait consentement lorsqu’il existe un tel déséquilibre de pouvoir. Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas, c’est que Karim Khan n’était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde », a-t-elle déclaré. Les faits présumés remontent au mois d’octobre 2024.
Une enquête avait été ouverte après ces accusations. Karim Khan s’était alors mis en retrait de ses fonctions afin de préparer sa défense. En juin dernier, il avait été suspendu dans l’attente d’une décision des États membres de la Cour.
Ses avocats affirment que les rapports d’enquête ne permettent pas de confirmer les accusations portées contre lui. Ils estiment également que son éviction serait une manière d’écarter un procureur devenu gênant, notamment en raison des mandats d’arrêt délivrés contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant dans le cadre de la guerre à Gaza.
Ces décisions avaient d’ailleurs valu à Karim Khan des sanctions américaines. Pour plusieurs membres de la Cour, toutefois, les accusations qui le visent ont porté atteinte à la crédibilité et au fonctionnement de la CPI.
Durant son mandat, Karim Khan s’était également illustré par les mandats d’arrêt délivrés contre plusieurs responsables israéliens et dirigeants du Hamas, dans le cadre des enquêtes sur les crimes présumés commis lors du conflit à Gaza.

