À quelques heures de la clôture officielle du recensement biométrique des Guinéens de la diaspora, une vive polémique éclate à Abidjan. Deux figures majeures de la scène politique guinéenne, Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), et Sidya Touré, président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), se sont vu refuser l’enrôlement dans les centres dédiés aux Guinéens de Côte d’Ivoire.
Un refus jugé arbitraire
Ce mercredi matin, Cellou Dalein Diallo s’est rendu très tôt au centre d’enrôlement de Treichville, muni de tous les documents requis : carte consulaire, acte de naissance biométrique, passeport ordinaire en cours de validité et passeport diplomatique expiré. Accompagné du secrétaire fédéral de l’UFDG en Côte d’Ivoire, Dr Ibrahima Diallo, l’ancien Premier ministre a cependant été informé qu’il ne pouvait pas se faire recenser, au motif qu’il ne réside pas dans la commune de Treichville.
Mais selon une source proche du leader de l’UFDG, la raison serait tout autre : « La représentante de l’Ambassade a avoué que sa hiérarchie lui a donné des instructions de ne pas recenser les trois anciens Premiers ministres : Sidya Touré, Lansana Kouyaté et Cellou Dalein Diallo », rapporte notre interlocuteur.
Une tentative vaine à l’ambassade
Face à ce refus, M. Diallo s’est ensuite dirigé vers le centre d’enrôlement situé au sein même de l’Ambassade de Guinée, cette fois en présence d’un huissier. Là encore, après plusieurs minutes d’attente, il s’est vu opposer un nouveau refus. Il lui a été indiqué que des « dispositions spéciales » seraient prises ultérieurement pour les anciens Premiers ministres en séjour temporaire en Côte d’Ivoire. Une justification que l’entourage de l’opposant rejette, y voyant une volonté manifeste d’écarter des leaders politiques influents du processus électoral.
Silence de l’ambassade, indignation des partis
Du côté de l’Ambassade de Guinée en Côte d’Ivoire, aucune déclaration officielle n’a encore été faite à ce sujet.
L’UFDG dénonce une « atteinte grave au droit de vote » de son leader et une manœuvre visant à affaiblir les opposants historiques au pouvoir actuel. Un sentiment partagé par l’UFR, dont le président Sidya Touré, en exil à Abidjan depuis près de trois ans, a lui aussi été empêché de se faire recenser.
« Monsieur Sidya Touré n’a pas été recensé. Les agents recenseurs ont refusé qu’il se fasse enregistrer », déclare Mouctar Khalissa, membre du bureau exécutif de l’UFR. « Ce n’est pas une surprise pour nous. Depuis longtemps, nous dénonçons la volonté d’éliminer certains poids lourds de la scène politique », déplore-t-il.

