Après le coup d’état en Guinée le 05 septembre 2021, les débats étaient tendus entre la junte au pouvoir et la CEDEAO pour un délai fixe de la fin de la transition. Après quelques mois d’incompréhension et des sanctions politiques, le CNRD a tenu à signer un accord avec l’organisation régionale pour un délai de deux (2) ans de transition. C’est-à-dire jusqu’à la fin de l’année 2024.
Mais sur le terrain, tout porte à croire que cet accord risque de connaître un glissement de calendrier électoral. Lors de son assemblée hebdomadaire tenue le samedi dernier, le président du parti MODEL ALIOU Bah a dans son allocution, appelé la population à se serrer les coudes contre tout glissement de calendrier.
«Le CNRD n’est pas une autorité élue, ils sont le résultat d’un coup d’Etat. Lorsqu’ils sont venus, on leur a donné tous les conseils, le MODEL leur a adressé plus de quatre mémorandums qui contiennent des propositions concrètes de la transition. Personnellement, j’ai eu à conseiller le président de la transition. Vous avez vu toutes nos prises de parole. Mais si toutefois, ils veulent manœuvrer pour faire glisser le calendrier, nous ne l’accepterons pas. Parce qu’aujourd’hui ce n’est pas le temps qui a manqué au CNRD. Trois ans presque de transition, si le temps dont ils ont disposé, ils avaient posé des actions allant dans le sens du retour à l’ordre constitutionnel, on aura été rassuré. Mais tous les jours, ils montrent l’envie de conserver la totalité du pouvoir. Aujourd’hui, ils ont éteint les médias. Ils ont séquestré les acteurs politiques et les acteurs sociaux… »
Poursuivant, il rappelle au président de la transition le Général Mamady Doumbouya, que “ceux qui se sont battus contre le troisième mandat d’Alpha Condé sont encore débout”. « J’ai dit au chef de la junte dès aux premières heures que les Guinéens sont debout. Ceux qui se sont battus contre le troisième mandat, ont contraint Alpha Condé à être là où il est aujourd’hui. Si les militaires avaient le courage de le dégager, ils avaient pu le faire avant. Mais il a fallu que les Guinéens se battent pour des militaires aient le courage de faire un coup d’état. Qu’ils comprennent que ces Guinéens sont là, ils sont conscients, ils sont regardants. Ils n’ont pas disparu. On ne peut pas leur faire taire. »
Dédé Morikè Kaba.

