Un vent de réconciliation souffle sur l’espace ouest-africain. La Confédération des États de l’Alliance du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, et la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont entamé, jeudi à Bamako, des consultations diplomatiques majeures. Objectif affiché : jeter les bases d’une coopération renforcée dans la lutte contre le terrorisme et entamer un dialogue sur les intérêts communs, malgré les tensions nées du retrait de l’AES de la CEDEAO.
Réunis dans la capitale malienne, les ministres des Affaires étrangères des trois pays sahéliens et le président de la Commission de la CEDEAO ont adopté un Relevé de conclusions marquant la fin de cette première série de consultations. Ce document balise le terrain pour l’ouverture de négociations plus formelles entre les deux entités.
Dans un communiqué conjoint, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de coopérer sur des dossiers clés, notamment les questions politiques, diplomatiques, juridiques, sécuritaires, économiques et sociales. “Les discussions ont été franches et marquées par un esprit de fraternité et de responsabilité”, souligne le texte.
Les autorités de l’AES et de la CEDEAO ont notamment exprimé une inquiétude commune face à la détérioration de la situation sécuritaire dans la région. Elles ont reconnu “l’urgence de créer les conditions nécessaires à une coopération efficace dans le cadre de la lutte contre le terrorisme”, un mal qui frappe durement les pays du Sahel depuis plus d’une décennie.
Les deux camps ont également insisté sur la nécessité de préserver les acquis de l’intégration sous-régionale, en particulier la libre circulation des personnes et des biens, dans l’intérêt supérieur des populations ouest-africaines. Un geste d’ouverture alors que les relations entre l’AES et la CEDEAO étaient devenues particulièrement tendues ces derniers mois.
Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO, annoncé en janvier 2024, avait marqué un tournant dans l’histoire de l’organisation régionale. Les trois États dénonçaient alors l’influence excessive des puissances étrangères au sein de la CEDEAO et l’inaction de celle-ci face à leurs défis sécuritaires. Ils lui reprochaient aussi d’avoir imposé des sanctions jugées “illégales, illégitimes et inhumaines”.
En réponse, ces pays ont fondé, en juillet 2024, la Confédération de l’Alliance des États du Sahel, une nouvelle structure de coopération politique et sécuritaire, présentée comme plus à même de répondre aux besoins de leurs populations.
Les consultations de Bamako pourraient donc marquer le début d’un apaisement entre l’AES et la CEDEAO. Les deux parties se sont engagées à poursuivre le dialogue dans le même esprit, avec pour boussole les intérêts des peuples ouest-africains. Une dynamique que beaucoup espèrent durable, dans une région plus que jamais en quête de stabilité.

