L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) a tenu un point de presse ce lundi pour apporter des clarifications sur la vente aux enchères imminente des biens de l’ancien ministre de la Défense, Dr Mohamed Diané. Condamné en première instance à cinq ans de prison et à une amende de 500 milliards de francs guinéens, ce dernier voit une partie de son patrimoine mise en vente, malgré l’introduction de recours judiciaires.
Selon Alpha Seny Camara, directeur général de l’AGRASC, cette opération s’inscrit strictement dans l’exécution d’une décision judiciaire. « L’AGRASC fonctionne sous mandat de justice. Nous ne procédons ni à des saisies ni à des confiscations. Nous ne faisons que gérer et recouvrer les biens déjà saisis ou confisqués par les juridictions compétentes », a-t-il précisé.
La décision rendue par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) stipule que, nonobstant tout recours — appel ou pourvoi en cassation —, le quart de l’amende infligée à Dr Diané doit être immédiatement recouvré. Cela représente un montant de 125 milliards de francs guinéens, que l’AGRASC s’efforce aujourd’hui d’obtenir par la vente aux enchères de plusieurs biens immobiliers et industriels appartenant à l’ancien haut responsable du régime d’Alpha Condé.
Cinq biens majeurs mis en vente
La vente aux enchères, prévue pour débuter le jeudi 29 mai 2025, à la salle des ventes publiques de l’AGRASC à Conakry, portera sur les biens suivants :
- Un immeuble de huit étages (R+8) situé au quartier Almamya ;
- Un immeuble de dix étages (R+10) à Sandervalia ;
- Une école de cinq niveaux (R+5) à Missira, dans la préfecture de Kankan ;
- Un autre immeuble R+8 à la T6, quartier Yattaya, commune de Ratoma ;
- Une usine agro-industrielle à Kankan, comprenant deux hangars, une vaste cour et une grande plantation d’anacardiers.
Alpha Seny Camara a également soulevé des interrogations sur l’origine des fonds ayant permis de constituer un tel patrimoine. « Aucun ministre, sous le régime du professeur Alpha Condé, n’était payé plus qu’un magistrat. Aucun ne touchait 15 millions de francs guinéens. Comment expliquer alors que ce ministre détienne autant de biens ? », s’est-il interrogé.
« Il ne s’agit pas d’acharnement, mais de l’application de la loi »
Face aux critiques et aux soupçons d’acharnement politique, le directeur de l’AGRASC insiste : « Ce n’est pas la qualité de la personne condamnée qui importe, mais la décision du juge. L’application de la loi prime sur toute considération personnelle ou politique. »
La procédure judiciaire continue, mais l’AGRASC, agissant sous l’autorité du mandat judiciaire, met l’accent sur l’urgence pour l’État de rentrer en possession des fonds déjà exigibles. La décision de vendre une partie des biens de Dr Diané s’aligne donc sur les injonctions de la CRIEF.
La vente aux enchères devrait ainsi constituer une étape clé dans le processus de recouvrement des fonds détournés, dans le cadre de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite engagée par les autorités guinéennes.

