La communauté chrétienne entame ce mercredi 18 février le temps de Carême. Un temps qui commence avec l’imposition des cendres. Pendant quarante jours, le chrétien est appelé à prier, à jeûner mais aussi à faire l’aumône. Pour en parler, notre rédaction est allée à la rencontre du père Alexandre Loua.
Un temps d’appel à revenir à Dieu
À l’occasion de l’entrée en Carême ce mercredi, le père Alexandre Loua, administrateur de la paroisse Saint-Cyprien de Dixinn, a livré un message fort à l’endroit des fidèles chrétiens, les invitant à vivre ce temps liturgique dans la discrétion, la conversion du cœur et l’engagement personnel.
Selon le prêtre, le mercredi des Cendres marque officiellement l’entrée dans le Carême, période spirituelle de quarante jours durant laquelle les fidèles sont appelés à la prière, au jeûne et au partage. L’imposition des cendres sur le front symbolise cette invitation à la conversion et rappelle que ce temps est avant tout un retour intérieur vers Dieu.
Pour lui, le Carême n’est pas d’abord une question d’apparence ou de pratiques visibles, mais « une affaire de cœur ». Les textes bibliques lus ce jour-là insistent sur la pénitence intérieure, le regret sincère des fautes et la volonté réelle de changer de vie.
Discrétion et sincérité dans la pratique
Le prêtre insiste sur un point essentiel : les efforts spirituels doivent se vivre dans la discrétion. « C’est ton lien secret avec Dieu », explique-t-il, rappelant que l’Évangile met en garde contre toute forme d’ostentation dans la pratique religieuse. Le fidèle est ainsi invité à agir sans chercher l’approbation des autres, mais uniquement à plaire à Dieu.
Le jeûne, bien plus qu’une privation alimentaire
Abordant la question souvent débattue du jeûne, le responsable religieux souligne qu’il s’agit d’un acte normal dans la vie chrétienne, mais qu’il ne se limite pas à l’abstinence de nourriture. Certes, la tradition recommande notamment de ne pas consommer de viande le vendredi, mais l’essentiel reste ailleurs : identifier ce qui éloigne de Dieu et travailler à s’en libérer.
Le véritable jeûne peut donc consister à corriger un défaut, maîtriser sa colère, lutter contre l’orgueil ou apprendre à partager. « Ce n’est pas ce qui entre dans l’homme qui le rend impur, mais ce qui sort de lui », rappelle-t-il en citant l’enseignement du Christ.
Faire durer les résolutions au-delà du Carême
Le prêtre regrette que certaines bonnes résolutions disparaissent après les quarante jours. Pour lui, le Carême doit être compris comme un temps d’entraînement spirituel destiné à transformer durablement la personne. Les efforts consentis doivent servir à se débarrasser définitivement des comportements négatifs, et non à les suspendre temporairement.
Il compare cette démarche à un combat intérieur : si l’on lutte sincèrement contre un défaut pendant quarante jours, on acquiert la force de continuer après.
Un message d’encouragement aux fidèles
En conclusion, le père Alexandre Loua encourage chaque chrétien à vivre ce temps avec sérieux et humilité, rappelant que le Carême est un chemin personnel vers la joie pascale. Il appelle également à une transformation réelle qui dépasse la sphère individuelle pour toucher la société tout entière.
Selon lui, lorsque les croyants se convertissent véritablement, ils contribuent à instaurer la paix, la cohésion sociale et un témoignage positif de la foi, que l’on fréquente la paroisse locale ou une autre église comme Saint-Michel.

