La FENABPAG a tenu, ce lundi 2 mars 2026, une conférence de presse à la Maison de la presse autour du thème : « Unité, restructuration et professionnalisation de la filière Boulangerie et Pâtisserie de Guinée ». Une rencontre marquée par l’annonce officielle de l’unification des principales structures du secteur en une entité nationale unique.
Prenant la parole, le premier vice-président de la nouvelle fédération est revenu sur le contexte ayant conduit à la création de la FENABPAG :
« C’est suite à une recommandation des autorités en charge de la régulation et de la promotion des ONG et mouvements associatifs en Guinée (Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation), relative à la réunification des trois (3) structures des boulangers et pâtissiers reconnues en Guinée en une seule et unique structure nationale, que les représentants et membres de ces trois (3) structures précitées se sont réunis en assemblée générale constitutive à leur siège à Koloma le lundi 21 juillet 2025 et ont créé cette nouvelle fédération unifiée dénommée Fédération nationale des Boulangers et Pâtissiers de Guinée, en abrégé FENABPAG, après plusieurs mois de concertation et de médiation. »
Poursuivant son intervention, Diallo Mamadou Adama a décliné la vision stratégique de la fédération :
« La FENABPAG ambitionne de promouvoir la sécurité alimentaire en produits de boulangerie et de pâtisserie pour lutter contre la pauvreté. Elle a pour objectifs de contribuer à l’amélioration du statut des boulangers et pâtissiers de Guinée, à l’accroissement de leurs revenus monétaires et à la constitution de leur épargne, ainsi qu’à l’amélioration des conditions nutritionnelles de la population guinéenne. Il s’agit aussi d’organiser, de valoriser, de rendre plus productif et plus rentable le secteur de la boulangerie et pâtisserie afin d’assurer sa pleine participation au développement socioéconomique durable de la Guinée. »
À travers cette feuille de route, la fédération entend positionner la filière comme un levier structurant de croissance, d’emplois et de souveraineté alimentaire.
La FENABPAG s’est dotée d’objectifs spécifiques particulièrement ambitieux :
« Les objectifs spécifiques sont : rechercher des solutions et moyens appropriés pour soutenir et encourager toutes les actions visant la promotion et le développement des filières de production et de commercialisation des produits et sous-produits de la boulangerie et de la pâtisserie ; assurer la représentation des boulangers et pâtissiers auprès des pouvoirs publics et privés évoluant en République de Guinée, dans la sous-région et à l’international ; procéder à un état des lieux de la filière afin d’identifier et de localiser toutes les boulangeries et pâtisseries dans une base de données fiable ; promouvoir la modernisation de la filière et la gestion rationnelle de l’environnement en luttant contre le réchauffement climatique par le remplacement du bois de chauffe au profit du courant électrique ; contribuer à la promotion de la souveraineté alimentaire ; améliorer et diversifier la production ; promouvoir les règles d’hygiène, la sécurité au travail et la protection sociale des acteurs ; promouvoir et valoriser le contenu local par l’insertion des farines de céréales locales dans la production ; proposer au gouvernement des textes réglementaires pour la filière ; renforcer les capacités des membres par la formation ; lutter contre l’immigration clandestine, le chômage, la faim et l’exode rural des jeunes en vue de leur insertion dans les métiers de la farine. »
Interrogé sur les modalités concrètes de la professionnalisation, le vice-président s’est voulu rassurant :
« Pour la question de la professionnalisation, comme vous le savez, c’est tout un processus. Mais ce qui était difficile, c’était d’obtenir l’unification des boulangers, et cela est déjà un acquis. Cette professionnalisation est technique. Pour le moment, nous sommes engagés à la réaliser. Nous avons les moyens avec l’unification, les partenaires sont prêts à nous accompagner et l’État également. Il existe des pays qui ont réussi à le faire et nous réussirons par le biais de la formation des artisans et de la modernisation des lignes de production du pain, en les dotant de matériels et de machines aux standards internationaux. »
Abordant la problématique des disparités constatées sur le prix du pain dans certaines localités, Diallo Mamadou Adama a rappelé la complexité du dossier :
« Vous avez constaté qu’il y a des endroits où les prix ne sont pas conformes. Si tel est le cas, nous pouvons dire que le prix du pain est une question très sérieuse. Pour traiter cette question, il faut la collaboration de trois acteurs : les artisans boulangers que nous représentons à travers la Fédération, l’État, ainsi que les meuniers et producteurs de farine. Là aussi, nous vous rassurons que nous sommes en train d’y travailler et nous aurons un résultat positif respectant à la fois l’intérêt du consommateur et la rentabilité du producteur. »

