La tension politique et sécuritaire s’intensifie au Mali. Le porte-parole des indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, a assuré mercredi 29 avril 2026 que la junte militaire au pouvoir à Bamako « va tomber tôt ou tard », face à la pression conjointe des rebelles touareg et des groupes jihadistes.
Dans un entretien accordé à l’AFP lors de son passage à Paris, il a estimé que les autorités dirigées par Assimi Goïta ne disposent plus de solutions durables pour conserver le pouvoir.
Selon lui, la junte fait face à une double offensive : d’un côté, celle du Front de libération de l’Azawad pour reprendre le contrôle du nord du Mali, et de l’autre, celle du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, qui accentue la pression sur Bamako et d’autres grandes villes.
Le FLA affirme avoir consolidé son emprise sur la région stratégique de Kidal après s’en être emparé le week-end dernier. Mohamed Elmaouloud Ramadane soutient que la région est désormais contrôlée à près de 80 % par les rebelles, après le retrait des paramilitaires russes de l’Africa Corps.
Fort de cette avancée, le mouvement indépendantiste annonce désormais vouloir poursuivre son offensive vers d’autres localités majeures du nord malien. Gao, Tombouctou et Menaka figurent parmi les prochaines cibles revendiquées.
Le porte-parole du FLA a également affiché un autre objectif clair : obtenir le départ total des forces russes du Mali. Selon lui, la présence de la Russie dans l’Azawad et dans l’ensemble du territoire malien doit prendre fin.
« Notre objectif est que la Russie se retire définitivement de l’Azawad et au-delà, de tout le Mali », a-t-il déclaré, tout en précisant que leur principal adversaire reste le régime de Bamako et non Moscou en tant que tel.
De son côté, le ministère russe de la Défense a reconnu sur les réseaux sociaux que la situation restait difficile, évoquant un rapprochement entre rebelles et groupes jihadistes.
Parallèlement, les jihadistes du Jnim ont menacé mardi d’imposer un blocus sur les principales entrées de la capitale Bamako, renforçant davantage l’inquiétude sur la stabilité du pays.
Cette évolution marque une nouvelle étape dans la crise malienne, où les fronts militaire, politique et diplomatique semblent désormais étroitement liés.
Avec AFP / France 24

