La province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, fait face à une nouvelle épidémie d’Ebola. L’annonce a été faite ce vendredi 15 mai par Africa CDC à Addis-Abeba.
Selon l’institution sanitaire africaine, les premières analyses laissent penser à une souche différente du virus Ebola, distincte de la souche « Zaïre », réputée être la plus meurtrière. Des opérations de séquençage sont actuellement en cours pour confirmer cette hypothèse.
Cette nouvelle flambée intervient dans une région marquée par l’insécurité et les violences armées, compliquant considérablement les opérations de surveillance sanitaire et de riposte. Africa CDC affirme avoir activé une coordination d’urgence avec les autorités de la RDC, de l’Ouganda, du Soudan du Sud ainsi qu’avec plusieurs partenaires internationaux afin de renforcer la réponse transfrontalière.
Sur le plan sanitaire, un premier bilan fait état de quatre décès confirmés en laboratoire et de 246 cas suspects, dont 65 décès. Les investigations se poursuivent pour confirmer les cas et évaluer l’ampleur réelle de la propagation du virus.
Les autorités congolaises avaient pourtant annoncé, en décembre dernier, la fin de la 16e épidémie d’Ebola apparue en août dans la province du Kasaï. Malgré les campagnes de vaccination menées avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé, près de 50 000 personnes avaient été immunisées.
Lors de cette précédente flambée, 53 cas confirmés et 34 décès avaient été enregistrés. Plus de 47 500 personnes avaient été vaccinées dans les zones touchées et aucun nouveau cas n’avait été signalé depuis le 26 septembre, permettant ainsi aux autorités de déclarer la fin de la transmission.
Avec le soutien de l’OMS, de Médecins Sans Frontières et d’Africa CDC, les autorités sanitaires avaient déployé une riposte dans des zones rurales difficiles d’accès, combinant surveillance, vaccination et prise en charge des malades.
Cette nouvelle résurgence rappelle la persistance du risque Ebola en RDC, pays qui a connu seize épidémies depuis 1976.
L’OMS définit la maladie à virus Ebola comme une infection rare mais grave, souvent mortelle chez l’être humain. Elle est provoquée par plusieurs virus appartenant à la même famille, notamment les virus Ebola, Soudan et Bundibugyo, responsables des principales flambées épidémiques.
Le taux de létalité moyen est estimé à environ 50 %, même s’il peut varier entre 25 % et 90 % selon les épidémies.
Le virus se transmet à l’être humain à partir d’animaux infectés, notamment certaines espèces de chauves-souris, puis d’une personne à une autre par contact direct avec des liquides biologiques ou des surfaces contaminées. Les soins apportés aux malades ainsi que certains rites funéraires peuvent également favoriser la transmission.
Les symptômes apparaissent après une période d’incubation de 2 à 21 jours et incluent notamment la fièvre, la fatigue, les douleurs musculaires, les vomissements, la diarrhée et, dans certains cas avancés, des hémorragies.
L’OMS souligne que la prise en charge précoce des patients, une bonne réhydratation, la surveillance des contacts, la vaccination contre certaines souches ainsi que le respect strict des mesures de prévention permettent de limiter les flambées et d’améliorer les chances de survie.

