Originaire du quartier Madina centre, en République de Guinée, Aboubacar Demba Sylla vit actuellement en exil forcé depuis le coup militaire du 05 septembre 2021 contre Alpha Condé. Ce militant du RPG arc-en-ciel, ancien parti au pouvoir, a été obligé de prendre le chemin de l’exil pour fuir les menaces qu’il recevait régulièrement de la part d’éléments qui s’identifiaient comme étant des forces spéciales, une unité d’élite de l’armée guinéenne, auteur du coup d’Etat.
Connu pour sa fidélité à l’ancien président Alpha Condé et au parti de ce dernier, Aboubacar Demba Sylla n’a pas digéré le coup d’Etat du 05 septembre. Contrairement à la ligne du parti qui disait avoir « pris acte du putsch », ce militant a « dès le lendemain, c’est-à-dire le lundi 06 septembre 2021, multiplier les dénonciations sur les réseaux sociaux pour dénoncer le coup de force. Comme vous savez, les opposants au régime étaient sortis pour soutenir les militaires. Moi, convaincu de la légalité du régime déchu et conscient des conséquences de la gouvernance des miliaires, j’ai refusé de m’aligner pour soutenir le coup d’Etat. En dénonçant la trahison dont mon champion Alpha Condé a été victime, j’ai commencé à recevoir des appels de numéros inconnus. Au bout du téléphone, c’étaient des personnes qui se disaient des forces spéciales. Et ils me demandaient d’arrêter les actions de dénonciations que je faisais sur le coup d’Etat » raconte l’exilé.
Il ajoute que « les appels se sont multipliés, entrainant la peur dans la famille. Tout le monde connaît la violence dont les forces spéciales sont capables. C’est ainsi que mon père m’a dit de passer tous les moyens pour quitter le pays. C’est pourquoi, par la voie terrestre, j’ai quitté la Guinée, trois (3) jours après le putsch. Je me suis retrouvé en Tunisie. Ici, les conditions de vie sont difficiles, mais je préfère continuer que de retourner au pays, surtout que les mêmes militaires sont encore au pouvoir.»
Depuis le 05 septembre 2021, la Guinée vit sous le régime du comité national du rassemblement pour le développement, avec à sa tête Colonel Mamadi Doumbouya, un ancien légionnaire français. Il dirige le pays avec des restrictions, notamment l’interdiction de toute manifestation dans la rue. Plusieurs opposants vivent actuellement en exil, les cadres du parti d’Aboubacar Demba Sylla sont en prison. Et il n’y a aucune perspective pour le retour à l’ordre constitutionnel.

