Le Tribunal de première instance de Mafanco a rendu son verdict ce lundi dans l’affaire très médiatisée opposant l’artiste Mariama Bah, connue sous le nom de Yama Séga, et l’influenceuse Mariama Kaba, alias Maya La Solution.
Poursuivies pour propos injurieux, diffamation, outrage et atteinte à la dignité humaine par voie de cybercriminalité, les deux prévenues ont été reconnues coupables par la juridiction correctionnelle, à l’issue d’une procédure marquée par une célérité inhabituelle.
Des faits reconnus à la barre
À l’audience, les deux femmes ont reconnu sans détour les faits qui leur étaient reprochés.
Mariama Bah a expliqué que le différend est né d’un échange indirect sur les réseaux sociaux, après un live de son ancienne amie dans lequel elle s’estimait visée. Elle affirme avoir réagi publiquement sous le coup de l’émotion, tout en exprimant des regrets :
« Je suis consciente que ce que j’ai fait me rattrapera tôt ou tard », a-t-elle déclaré.
De son côté, Mariama Kaba a reconnu avoir tenu des propos déplacés « sous l’effet de la colère », à la suite d’interactions avec ses abonnés. Elle a présenté des excuses publiques et promis de ne plus recourir à ce type de discours en ligne.
Le parquet dénonce des comportements “regrettables”
Dans ses réquisitions, le procureur de la République, Kanfory Ibrahima Camara, a fustigé l’attitude des deux prévenues, estimant qu’elles ont porté atteinte à la dignité de la femme guinéenne.
Il a requis deux ans d’emprisonnement avec sursis assortis d’une amende de 30 millions de francs guinéens pour chacune.
La défense plaide la clémence
Les avocats des deux parties ont, pour leur part, sollicité la clémence du tribunal.
La défense de Mariama Kaba a jugé l’amende excessive, tandis que celle de Mariama Bah a estimé qu’aucun trouble réel à l’ordre public n’avait été démontré, plaidant la relaxe pour faits non constitués.
Un verdict plus sévère sur l’amende
Après délibération, le tribunal a déclaré les deux prévenues non coupables des faits de menace, mais coupables d’outrage, d’atteinte à la dignité humaine ainsi que de propos injurieux et diffamatoires par voie de cybercriminalité.
En répression, Mariama Bah et Mariama Kaba ont été condamnées à :
- Deux ans d’emprisonnement avec sursis
- Une amende de 40 millions de francs guinéens chacune
- Une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux pendant deux ans, sauf dans un cadre strictement professionnel
Une procédure en flagrant délit
Le dossier, déféré le même jour au parquet, a été traité en flagrant délit, permettant l’ouverture immédiate du procès. Les deux femmes ont passé trois jours en garde à vue à l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), avant d’être fixées sur leur sort.
Un signal fort sur les dérives en ligne
Cette décision judiciaire, largement commentée, intervient dans un contexte de multiplication des conflits publics sur les réseaux sociaux en Guinée. Elle pourrait faire jurisprudence et servir d’avertissement quant aux limites de la liberté d’expression à l’ère du numérique.

